Arrestation musclée à Berne
Un policier frappe un homme à la tête sans être sanctionné

En décembre dernier, un policier a frappé un homme à la tête lors d'une arrestation à Berne. La scène, filmée par un étudiant, avait alors fait les gros titres en Suisse alémanique. L'agent en question n'a pas été sanctionné.
Publié: 12.04.2023 à 21:03 heures
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À Berne, un policier a frappé un homme à la tête.
Sven Ziegler

Une scène violente s’est produite en décembre dernier sur la Schützenmatte, à Berne, avait alors rapporté le média régional bernois Hauptstadt. Une vidéo homme montre un homme allongé à même le sol, tenu par plusieurs agents de la police cantonale bernoise. Soudain, l'un des policiers se jette sur lui et se met à le frapper. Les coups pleuvent, notamment sur sa tête. L'homme allongé hurle. Peu après, un autre agent fait apparition dans le cadre. Il semble tenter d’empêcher un étudiant de filmer. «Posez votre téléphone!», peut-on entendre.

Ces images avaient à l’origine été publiées par le magazine en ligne bernois. Et elles avaient suscité beaucoup d’indignation. Depuis, comme le rapporte le média, l’incident aurait été traité par la police cantonale en interne. Et le policier mis en cause n’aurait reçu aucune sanction!

Les collaborateurs impliqués «n’ont pas agi de manière illégale et ont utilisé les techniques qu’ils ont apprises en formation», aurait fait savoir le service de presse de la police cantonale, qui a accepté d'apporter quelques clarifications au magazine régional.

L’homme a réagi de manière «irascible»

Qu’en est-il vraiment? Markus Mohler, expert en droit de la police, avait expliqué après l’incident cet hiver que les coups de poing sont, sur le principe, autorisés comme manœuvre de diversion. «Mais à la tête? Ils ne sont que permis lors d’une situation claire de légitime défense», a assuré le spécialiste au portail bernois.

La police cantonale, de son côté, n’y voit pas un réel problème. L’homme à terre aurait réagi de manière «irascible» lors du contrôle et refusé de montrer ses mains.

«Lorsque ses mains ont finalement pu être retirées de ses poches, nous avons constaté que l’homme tenait un objet inconnu dans sa main. De plus, il a fermement refusé d’accéder à la demande des agents d’ouvrir son poing», poursuit le communiqué.

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Pas de plainte contre la police

Au lieu de cela, l’homme aurait continué à se défendre, assure la police cantonale. Un policier l’aurait donc ensuite «brièvement atteint à la tête pour faire diversion, afin de le maîtriser et de l’obliger à desserrer sa main toujours serrée». On ne sait pas quel objet l'individu tenait dans sa main.

Où se trouve actuellement la personne arrêtée? Elle a été mise derrière les barreaux pour plusieurs mois dans un autre canton. Elle était déjà recherchée par les forces de l’ordre lors de l’interpellation et a, depuis, été condamnée pour ces actes. En plus de ces derniers, le prévenu a dû faire face à une plainte pour entrave à l’accomplissement d’un acte officiel et infraction à la loi sur les étrangers et l’intégration.

La personne arrêtée elle-même ne s’est pas retournée contre le policier. Aucune plainte n'a été déposée. L'officier n’est donc pas sous le coup d’une procédure judiciaire.

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