Séismes en Turquie
Le correspondant de la RTS témoigne: «Les gens font silence pour entendre les survivants sous les décombres»

Correspondant à Paris, Raphaël Grand (RTS) a été envoyé en Turquie suite aux tremblements de terre meurtriers de lundi 7 février. Interview téléphonique chaotique à Kahramanmaras, au cœur de l’enfer.
Publié: 09.02.2023 à 06:08 heures
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Dernière mise à jour: 09.02.2023 à 09:56 heures
L'envoyé spécial Raphaël Grand (RTS) témoigne de la situation en Turquie après les séismes meurtriers qui ont endeuillé le pays.
Geoffroy Brändlin

Plutôt occupé par la réforme des retraites ces dernières semaines, le correspondant de la RTS en France a été parachuté mardi en Turquie. Un changement de décor radical pour montrer au monde les conséquences des séismes meurtriers qui ont frappé le sud du pays, ainsi que la Syrie, dans la nuit du dimanche au lundi 7 février. Au dernier décompte, plus de 16'000 personnes seraient mortes.

Après un passage à Gaziantep, Raphaël Grand répond à nos questions dans la ville de Kahramanmaras, épicentre de la première secousse. Il est en voiture avec son caméraman Jon Björgvinsson et un fixeur.

Voilà Geoffroy, je suis à toi..
La connexion est perdue. Reconnexion en cours…

Salut Raphaël, la connexion est rétablie. Que vois-tu autour de toi ?
Désolé, je n’ai pas beaucoup de réseau. A Kahramanmaras, où je suis arrivé aujourd’hui, la plupart des maisons sont détruites. Il fait froid, il y a un peu de neige. Les habitants sont dehors et ont allumé des feux pour se réchauffer. Ils n’osent pas entrer dans les rares maisons encore debout. Tout pourrait s’effondrer. Nous assistons à beaucoup de scènes d’entraide. Des restaurateurs apportent par exemple des soupes aux démunis.

Tu as posté sur Twitter une vidéo du défilement d’ambulances qui se rendaient à Gaziantep. Quelles émotions as-tu ressenties en capturant l’instant ?
A ce moment-là, nous nous rapprochions de plus en plus de la zone la plus touchée. Plus tu poursuis ta route, plus la situation s’intensifie. L’adrénaline monte. Ensuite, tu rencontres des victimes et tu mets tes émotions de côté pour faire ton travail.

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Des témoignages t’ont-ils particulièrement touché?
Aujourd’hui, nous avons rencontré une femme qui venait de perdre deux membres de sa famille. Elle avait récupéré un Coran. Les habitants sont sous le choc, certains nous chassent pour ne pas être filmés en pleine détresse. A Gaziantep, nous avons pu assister à des sauvetages. Ils étaient précédés d’un grand silence. Les sauveteurs repéraient les personnes piégées à leur voix. L’opération terminée, le silence a été brisé par des applaudissements. C’était très beau.

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Le gouvernement turc est beaucoup critiqué pour sa lenteur dans les opérations de sauvetage…
Les secours sont dépassés. Ils ont l’habitude des séismes dans la région et y sont préparés. Mais des tremblements de terre et des répliques d’une telle puissance, c’est une autre affaire! A Gaziantep et à Kahramanmaras, nous avons surtout vu des secouristes turcs. J’imagine que les secours internationaux qui sont venus en même temps que nous sont partis dans des zones plus reculées. Faute d’aide, une femme que nous avons rencontrée déplaçait les gravas avec ses propres mains pour retrouver son neveu.

La première secousse s’est produite il y a deux jours. Les familles peuvent-elles garder l’espoir de retrouver leurs proches vivants?
Les premiers jours sont cruciaux pour retrouver des survivants. En ce moment, les secours continuent leur effort et gardent espoir.

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