Première ligne de défense franchie
La «voie est libre» pour la contre-offensive ukrainienne

La première ligne de défense russe dans l'est de l'Ukraine a été franchie. Les Ukrainiens visent désormais la deuxième, après quoi ils pourraient réaliser «la grande percée».
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Les succès de la contre-offensive ukrainienne se sont longtemps fait attendre.
Photo: Global Images Ukraine via Getty Images
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Chiara Schlenz

L'armée ukrainienne y est (enfin) parvenue! Les premières tranchées antichars et «les dents de dragon» ont été franchies la semaine dernière.

La première ligne de défense des Russes – la ligne Sourovikine – a été percée, mettant terme à la partie la plus difficile de la contre-offensive ukrainienne. «Je pense que nous vivons actuellement le moment décisif de l'offensive», écrit l'experte militaire Brynn Tannehill sur Twitter mardi.

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Désormais, les troupes ukrainiennes ne sont plus qu'à quelques kilomètres de la dernière ligne de défense fortifiée des Russes, près de la petite localité de Romanivske dans l'oblast de Zaporijjia, selon les données publiées mardi par le think tank américain Institute for the Study of War (ISW). Après trois mois, les Ukrainiens sont donc sur le point de réaliser une grande avancée.

«Voie libre» pour la contre-offensive ukrainienne

En d'autres termes, cela signifie que «la voie est libre» pour les soldats ukrainiens. Et ce, dans toutes les directions. Le général de brigade ukrainien Oleksandr Tarnavskyi a déclaré dimanche au journal britannique «The Guardian»: «La Russie a mis le plus gros effort dans la construction de la première ligne, et de moins en moins pour les autres.»

Selon lui, les lignes de défense qui suivent Romanivske ne sont parfois même plus occupées et seront donc plus faciles à percer. Car le Kremlin ne s'attendait pas à ce que les forces armées ukrainiennes réussissent à percer à Robotyne.

Pour Brynn Tannehill, il est clair qu'«une fois que l'Ukraine aura atteint ce point, elle pourra frapper n'importe où». Selon elle, les Ukrainiens veulent en premier lieu briser les lignes de ravitaillement et de communication russes entre Rostov, Kherson, Zaporijjia et la Crimée. «L'armée ukrainienne aura alors plus de possibilités pour progresser vers le sud et attaquer là où la Russie est la moins bien placée.»

La Russie est donc nerveuse. Elle a retiré la semaine dernière la 76e division d'attaque aérienne de la Garde du front est autour de Klishchiivka pour renforcer la zone autour de Robotyne et Verbove. La 76e brigade figure parmi les meilleures troupes dont elle dispose.

Et elle est redoutée. Pour cause, l'unité a participé aux massacres de Boutcha et s'est également battu pendant des mois pour Bakhmout. Le fait que la Russie avance l'une des rares unités qui lui reste et qui soit capable de mener de véritables contre-attaques en dit long.

Entre les mines et la boue

Malgré tout, il semble difficile d'arrêter les Ukrainiens. Toutefois, deux circonstances pourraient les mettre en difficultés: les mines russes et la météo.

Selon le magazine américain «Forbes», les Russes ont quadruplé la semaine dernière la longueur de leurs champs de mines défensives, passant de 120 à 500 mètres, et ont par ailleurs augmenté la densité des mines lorsqu'ils ont remarqué la vitesse à laquelle les Ukrainiens progressaient.

Les Ukrainiens vont donc se heurter, le long de plusieurs axes, à des champs de mines encore plus difficiles à sécuriser que ceux qu'ils ont franchis jusqu'à présent. Cela pourrait les ralentir. De plus, le début de l'automne en Ukraine est très humide, il pleut souvent. Par conséquent, le sol est détrempé et boueux, rendant la circulation de véhicules blindés compliquée. Sans compter que l'artillerie lourde est plus difficile à manœuvrer.

Malgré tout, l'experte militaire Brynn Tannehill est sûre d'elle et le fait savoir dans son tweet: «Il est difficile de mener à bien la contre-offensive, mais ce n'est désormais plus impossible.»

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