Pas que l'Ukraine et Gaza
Des dirigeants pourraient profiter de la diversion de l'Occident pour entrer la guerre

La guerre fait rage dans la bande de Gaza et en Ukraine. Mais à l'ombre de ces deux événements, d'autres conflits menacent de modifier l'ordre mondial. Certains dirigeants autoritaires pourraient profiter de la diversion de l'Occident pour prendre le pouvoir.
Publié: 01.11.2023 à 11:34 heures
|
Dernière mise à jour: 01.11.2023 à 15:22 heures
1/7
Des dirigeants autoritaires comme le président chinois Xi Jinping (à gauche) et son homologue russe Vladimir Poutine pourraient profiter de la situation géopolitique actuelle pour lancer de nouvelles attaques.
Jenny Wagner

Le monde a les yeux rivés sur les combats dans la bande de Gaza et en Ukraine, mais il existe d'autres foyers de crise dans le monde. Profitant du climat de distraction mondiale, certains dirigeants autoritaires risquent de profiter de la situation pour imposer leurs intérêts par la force, et surtout dans l'ombre.

Le moment est en effet plus que propice: les Etats qui interviendraient normalement sont entièrement concentrés sur l'Ukraine et le Proche-Orient, écrit le «Tagesspiegel». De plus grands changements géopolitiques menacent-ils, et où?

L'Azerbaïdjan et l'Arménie

L'escalade dans l'enclave arménienne du Haut-Karabakh depuis septembre pourrait n'être que le début d'un conflit plus important. 120'000 Arméniens ont été chassés de leur foyer. Pourtant, la communauté internationale n'a pas (vraiment) réagi devant un tel nettoyage ethnique. Le gouvernement azerbaïdjanais semble viser la prochaine région, l'enclave du Nakhitchevan. Celle-ci n'est atteignable par voie terrestre qu'en traversant l'Arménie ou l'Iran. L'Azerbaïdjan ne s'attaquera pas à la République islamique, mais l'Arménie encore affaiblie par les récents conflits et de surcroît protégée par la Russie pourrait constituer une cible idéale. 

Une attaque militaire pourrait toutefois entraîner d'autres pays dans le conflit. La Turquie soutient l'Azerbaïdjan, tandis que l'Iran protège de plus en plus l'Arménie.

La Russie et la Géorgie

Plus au sud, dans le Caucase, un autre conflit menace de s'envenimer. Les deux provinces géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sont occupées par la Russie. Considérées pour l'instant comme des régions autonomes, elles sont protégées par l'armée du Kremlin. Il est cependant possible que Vladimir Poutine puisse prochainement annexer ces régions.

Serbie et Kosovo

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Serbie renforce ses troupes à la frontière avec la République du Kosovo. Les tentatives de médiation de l'UE entre le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti ont échoué.

Publicité

Conflits dans la région du Sahel

Sur le continent africain, plusieurs points chauds sont à signaler. Après des coups d'État militaires au Mali, au Burkina Faso, en Guinée, au Niger et au Gabon, plusieurs gouvernements démocratiques ont été renversés et des nouveaux régimes qui se sont ralliés à Moscou sous l'influence du groupe Wagner. D'autres tentatives de coup d'État pourraient suivre en Afrique de l'Ouest et accroître l'influence du président russe Vladimir Poutine.

Chine, Philippines et Taïwan

Pour le président Xi Jinping, Taïwan fait partie du territoire chinois. L'Etat insulaire se trouvant à 180 kilomètres à l'est de la Chine se considère pourtant comme indépendant. Taïwan reproche régulièrement à la Chine de violer son espace aérien ou de s'approcher trop près de l'île avec des navires militaires.

Les Etats-Unis soutiennent Taïwan, mais quelle est leurs capacités à gérer d'autres conflits? La Chine, elle, veut imposer ses propres intérêts en s'établissant en Chine méridionale.

Les Philippines se retrouvent, elles aussi, dans une situation difficile. Il y a quelques jours seulement, des navires chinois sont entrés en collision avec les garde-côtes philippins. Manille accuse Pékin d'avoir délibérément lancé une attaque.

Publicité
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la