La Suisse en mauvaise posture?
La Chine veut organiser une conférence concurrente au sommet pour la paix au Bürgenstock

La Suisse est toujours à la recherche de participants pour sa conférence sur l'Ukraine au Bürgenstock. Mais de plus en plus d'informations indiquent que la Chine et le Brésil prévoient un contre-événement conviant des représentants russes.
Publié: 09.06.2024 à 15:05 heures
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Dernière mise à jour: 09.06.2024 à 17:12 heures
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Le président Xi Jinping a déclaré dans une déclaration commune avec le Brésil son intention d'organiser une conférence sur l'Ukraine «à une date appropriée».
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Reza Rafi

Le sommet sur la paix en l'Ukraine au Bürgenstock sera un tour de force diplomatique pour la Confédération – Volodymyr Zelensky étant perçu comme l'hôte au niveau international. Le fait que le chef d'Etat ukrainien ait choisi la Suisse comme lieu de rencontre peut toutefois être considéré comme un succès pour la présidente de la Confédération Viola Amherd et Ignazio Cassis.

Alors que la conférence approche, les derniers participants sont courtisés avec zèle, et sur le front de la politique intérieure, les fruits du travail de relations publiques assidu sont visibles. Ainsi, la presse helvétique n'a pas manqué de superlatifs – les journaux de Tamedia ont spéculé sur la venue du Premier ministre indien Narendra Modi à la «plus grande rencontre de chefs d'Etat et de gouvernement», tandis que les journaux de CH-Media ont fait la part belle aux coulisses de «l'une des plus grandes aventures de politique étrangère et de sécurité» de l'histoire suisse.

Une déclaration significative

Jusqu'ici, la conférence du Bürgenstock semble s'apprêter à devenir une page glorieuse de l'histoire suisse. Mais une ombre plane toujours sur le Bürgenstock: l'absence de la Chine et de plusieurs pays du «Sud global», c'est-à-dire les anciens pays non-alignés, qui sont désormais plutôt favorables à la Russie. Ces derniers sont décisifs lorsqu'il s'agit d'établir la confiance avec l'agresseur Vladimir Poutine. C'est pourquoi les diplomates suisses et ukrainiens tentent de toutes leurs forces d'attirer d'autres invités dans ces régions.

Parallèlement, les informations selon lesquelles la Chine ne s'approchera pas de Berne se multiplient: Pékin tente manifestement de mettre sur pied son propore événement avec ses alliés. Le 23 mai déjà, la Chine a déclaré dans une déclaration commune avec le Brésil son intention d'organiser une conférence sur l'Ukraine «à une date appropriée», à laquelle la Russie devrait également participer, contrairement au Bürgenstock.

Dans le corps diplomatique suisse, les projets du chef d'État Xi Jinping sont un sujet brûlant. Des stratégies sont déjà élaborées pour présenter un éventuel sommet concurrent comme une continuation du «Path to Peace» (le chemin vers la paix) préparé par la Suisse.

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