«Un criminel international»
Que risque Nicolas Maduro après son arrestation?

Après une attaque d'envergure, Nicolas Maduro a été fait prisonnier par les Etats-Unis, où il a été inculpé. Même si c'est très peu probable, le président vénézuélien pourrait être condamné à mort.
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Donald Trump a publié cette photo de Maduro alors qu'il est emmené aux Etats-Unis.
Photo: Capture d'écran: Truth social
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Guido Felder

Nicolas Maduro a été capturé par les Etats-Unis. Les forces américaines ont lancé une attaque de grande envergure contre le Venezuela afin d'exfiltrer son président et sa femme, Cilia Flores. L'état d'urgence est en vigueur dans le pays sud-américain et la guerre civile menace.

Aux Etats-Unis, cette attaque a consterné les démocrates. «Cette guerre est illégale, a écrit sur X Ruben Gallego, sénateur de l'Arizona. Il est honteux que nous soyons passés du rôle de gendarme du monde à celui de tyran. Rien ne justifie cette offensive.»

Selon Philipp Adorf, spécialiste de Donald Trump à l'Université de Bonn, le président américain semble mener cette offensive non pas comme une guerre classique, mais comme une «opération de maintien de l'ordre». Interrogé par Blick, Philipp Adorf explique: «Maduro étant inculpé aux Etats-Unis pour narco-terrorisme et une prime de 50 millions de dollars ayant été offerte pour sa capture, Washington le traite comme un criminel international et non comme un chef d'Etat souverain.» Le milliardaire républicain a constamment accusé Nicolas Maduro de fraude électorale et ne l'a jamais reconnu comme président légitime.

Menace d'injection létale?

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de «narcoterrorisme», de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme «terroriste», ainsi qu'à des cartels criminels pour «acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis». «Il devra bientôt répondre de ses actes devant la justice américaine, devant les tribunaux américains et sur le sol américain», a déclaré Pam Bondi, Procureur général des États-Unis.

Risque-t-il la peine de mort? C’est peu probable, mais avec Trump, tout est possible. Son administration pourrait arguer que les actions du président vénézuélien ont causé la mort de citoyens américains. «Elle pourrait alors réclamer la peine de mort», estime Philipp Adorf. Si le droit fédéral américain s'applique, la peine capitale est généralement exécutée par injection létale.

L'exemple de Joaquín Guzmán, surnommé «El Chapo», illustre bien la sévérité avec laquelle les États-Unis traitent les trafiquants de drogue étrangers. Après avoir été extradé du Mexique, il a été condamné en 2019 à New York à une peine de «prison à perpétuité plus 30 ans».

Grandes réserves de pétrole

La lutte contre le trafic de drogue n'est pas la principale raison de l'attaque contre le Venezuela. Donald Trump a sans doute d'autres intentions. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, et c'est aussi pour cette raison que le milliardaire s'y intéresse. Cette attaque doit lui permettre de sortir le pays sud-américain de la zone d'influence de la Chine et éloigner Pékin du territoire américain. La question qui se pose désormais est de savoir comment vont réagir les alliés de Maduro, notamment Pékin et Moscou.

Selon Philipp Adorf, ces grandes puissances devraient faire preuve de retenue sur le plan militaire. «La Russie est occupée par la guerre en Ukraine et la Chine agit avec prudence.» Mais cette attaque pourrait montrer à Pékin que l'Occident ne reconnaît pas non plus la souveraineté des Etats et invoque la loi du plus fort. Cela pourrait donner de nouvelles idées à la Chine dans ses relations avec Taïwan.

A la suite de l'attaque et de l'enlèvement de Nicolas Maduro, le Venezuela se retrouve sans dirigeant. L'unité de l'armée reste incertaine, tout comme la volonté des généraux de conclure des accords avec les Etats-Unis. La situation du pays est précaire. La violence et les flux de réfugiés se profilent et le risque d'une guerre civile n'est pas à exclure.

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