Martina Schnarwiler n'imaginait pas quitter le magasin Prima de Riederalp (VS) dans ces conditions. «Je voulais partir discrètement, mais là, ça suffit», confie-t-elle à Blick. Selon elle, son ancien employeur lui doit encore près de 20'000 francs, une situation qui la met très en colère.
En mai 2024, la jeune femme de 27 ans prend la direction de la filiale Prima-Konsum de Riederalp, après y avoir longtemps travaillé comme vendeuse. «C'était une opportunité que je voulais saisir», raconte-t-elle. Elle débute avec enthousiasme, mais les difficultés apparaissent rapidement. «Nous manquions de personnel et étions constamment à bout de souffle», explique-t-elle.
C'est le 3 août 2025 que la jeune femme prend la décision de quitter son poste. Ce jour-là, la grande fête annuelle des alpages se déroule à Riederalp, ce qui signifie une forte affluence dans le magasin. Mais ce jour-là, elle doit gérer la boutique presque toute seule. Sa collègue est bien présente, mais peu disponible en raison d'un décès dans sa famille. «Je n'ai reçu aucune aide, ni du responsable, ni du magasin voisin, affirme Martina Schnarwiler. Ils sont tous allés faire la fête… juste devant le magasin!»
Démission et arrêt maladie
C'est la goutte qui fait déborder le vase: fin août 2025, Martina Schnarwiler pose sa démission. Au début du mois de septembre, elle tombe malade. «J'avais une forte fièvre, je me sentais vraiment mal», raconte-t-elle. Elle a été donc mise en arrêt maladie. «Mais j'avais toujours prévu de travailler jusqu'à la fin du mois de novembre.»
A partir de là, les choses ne se passent pas comme prévu: le 19 septembre, elle est relevée de ses fonctions alors qu'elle est toujours en arrêt maladie. Son salaire cesse alors d'être versé. «C'est illégal», dénonce-t-elle. Selon elle, la coopérative ne lui paie pas non plus les mois d'octobre et de novembre.
Preuves photographiques non datées
La justification figure dans la lettre de résiliation, dont Blick a obtenu une copie. La coopérative y explique avoir retenu le salaire pour compenser des dommages qu'elle attribue à Martina Schnarwiler. Elle l'accuse notamment d'avoir mal géré le magasin, entraînant la perte et la mise au rebut de marchandises, ainsi que d'avoir laissé le lieu dans un état jugé sale et «hygiéniquement inacceptable». Les coûts engendrés seraient donc déduits de son salaire impayé.
Un rapport correspondant avec photos est joint à sa mise à pied. Paradoxe: celui-ci date du 11 septembre. «J'étais alors en congé maladie, s'indigne Martina Schnarwiler en présentant ses certificats médicaux. Comment puis-je donc être responsable de ces fautes si je n'étais pas présente au magasin?»
Même si ces accusations étaient fondées, la coopérative n'a pas le droit de retenir son salaire. «Ce n'est pas une garantie de loyer! S'ils veulent réclamer des dommages et intérêts, ils doivent passer par une procédure civile classique, explique Martina Schnarwiler. Ils ne peuvent pas simplement présenter des photos non datées et prétendre que c'est moi qui suis responsable!»
Procédure en cours
Après avoir pris connaissance de ces accusations, Martina Schnarwiler a engagé un avocat et poursuivi la coopérative. L'affaire est actuellement examinée par la commission de conciliation. «Il s’agit de trois mois de salaire et de nombreuses heures supplémentaires, soit un peu plus de 20'000 francs», explique-t-elle, en précisant que «l'assurance indemnités journalières de la coopérative a bien versé l'argent pendant l'arrêt maladie».
La jeune femme de 27 ans, qui a entre-temps commencé à travailler dans un autre endroit de la région – et qui ne veut pas montrer son visage pour cette raison – espère que l'affaire pourra encore être réglée à l'amiable dans une certaine mesure. «Je voulais partir sans faire d'histoires, mais je ne me laisserai pas faire», souligne-t-elle. Contactée par Blick, la direction générale des magasins Prima ne souhaite pas s'exprimer sur ces événements en raison de la procédure en cours.