«Le Canada n'est pas à vendre»
Il invente une casquette pour se moquer de Donald Trump

Liam Mooney, entrepreneur d'Ottawa, proteste contre le décret de Donald Trump rebaptisant le lac Ontario en «lac Amérique». Il lance une casquette patriotique, déjà vendue en milliers d'exemplaires au Canada et aux Etats-Unis.
Liam Mooney lance une casquette patriotique pour se moquer de Donald Trump.
Photo: AFP

En bref

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  • Donald Trump a signé un décret rebaptisant le lac Ontario en «lac Amérique», provoquant une indignation massive au Canada, où ce lac est considéré comme une responsabilité partagée. Liam Mooney, entrepreneur canadien, a lancé une casquette affichant «Lake Ontario» et «Le Canada n'est pas à vendre» pour dénoncer la décision
  • La casquette, inspirée du design des «Make America Great Again», s'est déjà vendue à des milliers d'exemplaires et les bénéfices seront reversés à une organisation de protection du lac, selon Mooney
  • Un immense panneau avec le message «Lac Ontario – aujourd'hui et pour toujours» a été installé samedi sur les rives du lac. Doug Ford, dirigeant de l'Ontario, et Mark Carney, Premier ministre, rejettent fermement la décision américaine
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AFP Agence France-Presse

Pour Liam Mooney, le lac Ontario s'appellera toujours ainsi. Il en a même fait une casquette pour dénoncer la décision de Donald Trump de changer son nom en «lac Amérique», en dépit des protestations unanimes des Canadiens. Cet entrepreneur de 40 ans avait déjà fait parler de lui l'an dernier en lançant une casquette arborant le message «Le Canada n'est pas à vendre», face aux appels répétés de Donald Trump à faire du Canada le 51e Etat américain.

Portée par le dirigeant de la province de l'Ontario, Doug Ford, figure de la vie politique canadienne, ce couvre-chef au design inspiré des célèbres casquettes «Make America Great Again», avait connu un franc succès dans le pays. Et l'entrepreneur canadien a décidé de récidiver lorsque Donald Trump, engagé dans une confrontation commerciale avec le Canada, a signé la semaine dernière un décret rebaptisant, selon lui, le lac Ontario, situé à la frontière américano-canadienne, en «lac Amérique».

Cette nouvelle casquette – que Liam Mooney assure avoir déjà vendu à des «milliers» d'exemplaires au Canada, mais aussi aux Etats-Unis – affiche simplement le nom du lac ("Lake Ontario") avec une petite feuille d'érable sur le devant et l'inscription «Le Canada n'est pas à vendre» derrière.

La décision de Donald Trump «est absurde» et «extrêmement dangereuse», ce lac étant «une responsabilité partagée entre nos deux pays», ce qui demande un «respect mutuel», a déclaré Liam Mooney à l'AFP, dans un atelier d'Ottawa. Il assure que les recettes tirées des ventes seront reversées à une organisation de protection du lac.

«Nationalisme économique»

Le lancement de cette casquette rentre dans un mouvement plus large de patriotisme économique au Canada, relancé par l'escalade récente du conflit commercial avec Washington. Le Premier ministre canadien Mark Carney a rompu le 21 août les négociations commerciales avec Washington, accusant la Maison Blanche de vouloir lui imposer un accord commercial «injuste», avant de riposter à l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains avec l'annonce d'une série de surtaxes.

«Les Canadiens veulent soutenir les entreprises canadiennes, les produits canadiens» et délaisser les produits américains, juge Liam Mooney: «C'est du nationalisme économique.» Le décret de Donald Trump – qui avait déjà ordonné au début de son deuxième mandat de changer le nom du «golfe du Mexique» en «golfe d'Amérique» – a provoqué une vague de protestation au Canada.

«Un ego immense»

Et de moqueries. Un dessin publié lundi dans le quotidien Globe and Mail caricaturait ainsi le président américain en bébé portant une couche, assis dans une flaque dans laquelle était planté un panneau «Lake America». «C'est une réaction infantile de la part d'un homme qui n'a jamais grandi, qui a un ego immense qui ne le mène absolument nulle part», a réagi auprès de l'AFP, Anne Wardrop, retraitée de 90 ans, dans les rues d'Ottawa.

«C'est ridicule. C'est pas à lui à décider», a dit pour sa part Gilbert Russell, chef d'entreprise de 66 ans, soulignant l'origine autochtone du nom du lac baptisé ainsi il y a «des centaines d'années». Mark Carney a martelé, après la signature du décret américain, que «ce lac se nomme Lac Ontario – aujourd'hui et pour toujours».

Un immense panneau avec ce même message a été installé samedi sur les bords du lac. «Soyons sérieux. Ce lac s'appelait lac Ontario bien avant le président Trump. Et il s'appellera toujours lac Ontario bien après la disparition du président Trump», a lancé Doug Ford, le dirigeant de l'Ontario. «Mais au cas où le président Trump ou quelqu'un d'autre l'oublierait, nous avons installé ce panneau pour leur rappeler que c'est le lac Ontario, maintenant et pour toujours.»

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