La CIA reste sceptique
Poutine envoie des «preuves» de l'attaque ukrainienne à Trump

La Russie a fourni aux Etats-Unis des preuves de l'attaque au drone présumée de l'Ukraine contre la résidence de Poutine. Ces données de navigation provenant d'un drone abattu permettent d'identifier un itinéraire précis, mais plusieurs services secrets sont sceptiques.
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Le chef des services secrets russes Igor Kostjukov avec un représentant de l'attaché militaire américain à Moscou.
Photo: Capture d'écran
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Daniel Kestenholz

La Russie a remis aux Etats-Unis des preuves de l'attaque présumée d'un drone ukrainien visant le président russe Vladimir Poutine. Selon le ministère russe de la Défense, Moscou a décrypté les données de navigation d'un drone ukrainien abattu et a identifié un itinéraire ciblant la résidence Waldai du chef du Kremlin dans la région de Novgorod. L'attaque aurait eu lieu le 29 décembre 2025, mais aurait été déjouée par la défense aérienne russe.

La Russie a publié une vidéo montrant son chef des services secrets Igor Kostjukow remettre un dossier avec des données imprimées et un composant du drone en question à un représentant de l'attaché militaire américain à Moscou. Cette image – mise en scène au ministère de la Défense – est une démarche inhabituelle d'ouverture diplomatique, mais certains l'interprètent comme un geste de propagande ciblé. Igor Kostjukow a déclaré que les données décryptées prouvaient «sans aucun doute» que l'Ukraine avait planifié une attaque terroriste contre la résidence de Poutine. Il n'a pas mentionné les noms et les fonctions des officiers américains.

La CIA plus sceptique

Kiev a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de «mensonge absurde». Le service de renseignement militaire ukrainien HUR a dénoncé une opération d'information typique de la Russie pour justifier ses propres attaques contre les bâtiments du gouvernement ukrainien. De leur côté, les services secrets occidentaux se montrent aussi sceptiques. Selon plusieurs médias américains, la CIA serait parvenue à une conclusion différente de celle de Moscou.

Pour la CIA, les données de vol présentées par la Russie ne visaient pas la résidence de Poutine, mais des infrastructures militaires à l'ouest de Novgorod. Cette imprécision des données suggère une mauvaise interprétation ou une manipulation consciente de la part de la Russie.

Des traces de modifications

L'ambassade américaine à Moscou aurait directement informé Donald Trump de cette attaque présumée. D'après le Kremlin, Poutine en aurait même personnellement informé son homologue américain lors d'une conversation téléphonique. En parallèle, Moscou a annoncé être encore intéressée par les pourparlers de paix initiés par Trump, mais qu'elle souhaitait à l'avenir adopter une «position plus ferme» vis-à-vis de Kiev.

D'après des sources de la CIA à Washington, les preuves russes ne sont «pas crédibles», car les vidéos et les cartes de navigation révélaient des traces de traitement ultérieur. Par ailleurs, Trump a pris ses distances avec Poutine: sur son réseau Truth Social, il a cité et mis en lien un éditorial intitulé «La Russie fait obstacle à la paix en Ukraine».

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