Cela fait des semaines que les Etats-Unis et l'Ukraine mènent des négociations intensives sur un éventuel plan de paix. Et voilà qu'une déclaration de Washington fait désormais du bruit: Keith Kellogg, représentant sortant du président américain Donald Trump pour l'Ukraine, affirme que les discussions seraient «sur les derniers dix mètres». Une estimation très optimiste – peut-être trop.
Selon le magazine allemand «Focus», Keith Kellogg a déclaré qu'un accord était «vraiment très proche». Selon lui, deux points bloquent toujours la conclusion: l'avenir du Donbass et le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Le plan en 28 points de Trump prévoit de placer la centrale sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et de partager la production d'électricité entre l'Ukraine et les régions contrôlées par la Russie. Sur le Donbass en revanche, les positions sont clairement irréconciliables: la Russie réclame plus de territoire, l'Ukraine refuse toute concession.
Peut-on croire Kellogg?
Mais il y a un problème: Keith Kellogg ne fait plus partie du premier cercle des négociations. Aujourd'hui, c'est l'entrepreneur Steve Witkoff et le gendre de Trump Jared Kushner qui mènent les discussions aux Etats-Unis. On ne sait donc pas avec quelle précision Keith Kellogg est informé de l'état des choses – d'autant plus qu'il avait déjà annoncé il y a quelques semaines que les discussions étaient «presque terminées».
En outre, il existe bien plus de points de désaccord que le Donbass et la centrale de Zaporijjia. La Russie exige des garanties de sécurité, le renoncement de l’Ukraine à rejoindre l'OTAN ainsi que des restrictions militaires. La question de savoir si les fonds russes gelés peuvent être utilisés pour la reconstruction n'est toujours pas résolue non plus.
Zelensky en contact direct
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a participé aux discussions américaines par téléphone ce week-end. Selon les médias américains «Axios» et ABC News, il a été question de dispositions territoriales et de garanties de sécurité américaines. Des progrès auraient été enregistrés, mais il n’est pas clair si tout le monde travaille réellement sur la même version du document.
Sur X, Zelensky a décrit une séance «concentrée et constructive», censée mettre fin au bain de sang et réduire le risque d’une nouvelle offensive russe.
L'Europe s'implique
Parallèlement, plusieurs dirigeants européens se réunissent lundi à Londres, dont le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. Pour la Suisse aussi, engagée surtout sur le plan humanitaire, il sera crucial de comprendre si les signaux venus de Washington annoncent un véritable tournant – ou si l’optimisme de Kellogg relève plutôt du vœu pieux que de la réalité.
Une chose est sûre: l’Ukraine reste loin d’une paix durable. Les «derniers dix mètres» ne sont qu’une petite partie du chemin.