La guerre fait rage en Ukraine depuis plus de quatre ans maintenant. Malgré plusieurs négociations et les rumeurs récurrentes autour d'un éventuel accord, une paix durable en Europe de l'Est semble encore bien lointaine.
Dans ce contexte, Aleksandar Vucic, président de la Serbie, est l'un des rares chefs d'Etat à entretenir des relations aussi bien avec Moscou qu'avec Kiev. Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu à Belgrade, suscitant de nombreuses critiques dans ce pays traditionnellement pro-russe.
Après l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, des milliers de Serbes étaient ainsi descendus dans les rues pour manifester leur solidarité avec la Russie de Vladimir Poutine. Deux ans plus tard, Aleksandar Vucic lui-même avait affiché son soutien à la sélection serbe lors d'un match de football contre la Suisse, en arborant une écharpe aux couleurs de la Russie.
«Moins de contacts» avec Poutine
«Je ne suis pas ici pour faire plaisir aux Russes, aux Ukrainiens ou à qui que ce soit d'autre», s'est justifié Aleksandar Vucic dimanche dans le podcast de Mathias Döpfner, PDG d'Axel Springer. Le président serbe affirme par ailleurs avoir «ces derniers temps moins de contacts qu'auparavant» avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Après la visite de Zelensky, Aleksandar Vucic se dit particulièrement préoccupé par l'évolution de la guerre en Ukraine. «Je pense que nous sommes à l'aube d'une guerre de plus grande ampleur. C'est pourquoi j'avais espéré que quelqu'un d'autre aurait entre-temps pris des mesures pour rétablir la paix», déclare-t-il dans le podcast. «Cela ne s'est pas produit, et cela ne se produira pas de sitôt, ce qui signifie que nous sommes au bord d'une guerre bien, bien plus grande.»
Pas de paix en vue
Aleksandar Vucic semble avant tout attribuer cette crainte à l'arsenal militaire russe. «Je ne sais pas comment on pourrait vaincre la Russie, car je ne pense pas que ce soit facile. Après tout, la Russie est une puissance nucléaire et ne peut pas être attaquée comme ça par n'importe qui.» Malgré la visite de Zelensky à Belgrade, le président serbe ne semble donc guère convaincu des chances de victoire de l'Ukraine.
Dans ce contexte, Aleksandar Vucic se montre également pessimiste quant à une issue rapide du conflit. «Je ne vois pas la fin de la guerre cette année», estime le président serbe. Il explique aussitôt cette prédiction: «Je pense que pour que la guerre prenne fin, l'un des camps doit être plus fort et – d'une manière ou d'une autre – sortir vainqueur. Sinon, compte tenu de l'impasse actuelle, je ne vois aucune possibilité de parvenir à des solutions de compromis.»