Des médias russes interdits
ChatGPT et d'autres IA ignorent les sanctions contre Moscou

Des tests menés par RSF révèlent que des chatbots comme ChatGPT reproduisent des contenus de médias russes interdits dans l'UE. L'ONG appelle à une enquête pour évaluer les risques de désinformation.
Vladimir Poutine à Bichkek, au Kirghizistan, le 1er septembre 2026.
Photo: IMAGO/SNA
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AFP Agence France-Presse

La plupart des chatbots d'intelligence artificielle générative grand public, comme ChatGPT d'OpenAI, permettent de consulter des contenus de médias officiels russes sous sanctions européennes selon une enquête publiée mercredi par Reporters sans frontières (RSF).

Accusés d'être des instruments de «désinformation» du Kremlin, des médias comme Sputnik et RT ont été interdits de diffusion, y compris en ligne, dans l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Lorsqu'on le leur demande, ChatGPT d'OpenAI, Claude d'Anthropic et Grok, l'agent conversationnel intégré à la plateforme X, acceptent toutefois de contourner ces sanctions pour reproduire les contenus de ces médias, a constaté RSF.

Ces chatbots «ont restitué une revue de presse complète sur l'actualité internationale, faisant remonter des titres, partageant des liens et verbatims, sans mentionner systématiquement que les médias étaient sous sanctions européennes», a souligné l'organisation qui a mené ses tests en juin et en août. Contacté par RSF, OpenAI a déclaré prendre ces constats au sérieux et regarder de plus près les éléments fournis par l'ONG, d'après un communiqué.

«Risques systémiques de désinformation»

Après des résistances et face aux requêtes réitérées de RSF, Vibe (anciennement Le Chat) de l'entreprise française Mistral et Gemini de Google ont aussi fini par céder. Seul le chatbot Meta AI a refusé de donner suite aux demandes pointant les sanctions européennes en cours, «preuve qu'il est possible pour un chatbot d'être en conformité», d'après RSF.

«Les sanctions prises par l'UE n'atteignent pas leur objectif dans de telles conditions», a déclaré Vincent Berthier, responsable du bureau technologies et journalisme de RSF, cité dans le communiqué. L'ONG demande ainsi à Bruxelles d'ouvrir une enquête pour établir «dans quelle mesure OpenAI manque à son obligation de prévenir les risques systémiques de désinformation sur son service ChatGPT». Elle prône aussi le déclenchement d'une procédure d'infraction pour les autres agents IA.



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