«Nous devons agir»
Trump ne dicte pas les négociations tarifaires, dit le Canada

Le Premier ministre canadien Mark Carney a affirmé mercredi qu'Ottawa ne céderait pas aux exigences américaines avant les négociations sur l'Aceum, prévues après des mois de blocage.
Donald Trump rencontre le Premier ministre canadien Mark Carney à Washington, DC, le 6 mai 2020.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Les Etats-Unis ne dicteront pas les termes des prochaines discussions commerciales avec le Canada, a affirmé mercredi le Premier ministre canadien, Mark Carney, interrogé sur le fait de savoir si Washington avait demandé un «droit d'entrée» avant le début des négociations.

Washington et Ottawa doivent tenir prochainement des discussions bilatérales pour la révision de l'accord de libre-échange nord-américain (Aceum), malgré des négociations au point mort depuis des mois. Le média public Radio-Canada, citant de multiples sources canadiennes, a rapporté mercredi que l'équipe de Donald Trump demandait un «droit d'entrée», soit une série de concessions préalables de la part du Canada.

Interrogé sur ces informations et sur le fait de savoir si le Canada devait faire plus de concessions afin de persuader les Etats-Unis d'engager le dialogue, Mark Carney a répondu «non». «Il ne s'agit pas pour les Etats-Unis de dicter leurs conditions», a-t-il affirmé, ajoutant que ce n'était pas un scénario entre un pays «demandeur» et un pays «suppliant». «C'est une négociation», a conclu le dirigeant canadien.

Les bureaux du ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, et du représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, n'ont pas immédiatement réagi aux informations de Radio-Canada. Mais en commission parlementaire mercredi, Jamieson Greer a déclaré que le Canada «misait doublement sur la mondialisation, alors même que [Les Etats-Unis tentaient] de corriger les problèmes qu'elle engendrait.»

«Nous devons agir»

«Ce sont donc deux modèles qui ne s'accordent pas très bien», a soutenu celui qui est chargé des négociations commerciales avec Ottawa. Elu avec le mandat de tenir tête à son voisin du Sud il y a un peu plus d'un an, Mark Carney insiste depuis sur le fait que le Canada doit réduire sa dépendance économique et sécuritaire envers les Etats-Unis. «Nos forces traditionnelles qui reposaient sur les liens étroits avec l'Amérique sont maintenant des faiblesses. Nous devons agir», a-t-il d'ailleurs renchéri dimanche, dans un discours à la nation pré-enregistré.

Trump a imposé des droits de douane punitifs sur des secteurs-clés de l'économie canadienne, mais il a jusqu'à présent respecté l'essentiel du traité de libre-échange, laissant plus de 85% des échanges entre les deux pays exempts de droits de douane. Son administration a déclaré vouloir apporter des changements majeurs à l'Aceum lors des discussions de révision, qui devraient s'intensifier après le 1er juillet.



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