De nombreuses voix se sont élevées lundi dans l'extrême droite européenne et au-delà pour dénoncer le sort de Marine Le Pen, condamnée par la justice française à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics. Petit tour d'horizon.
Le président américain a assuré lundi que l'inéligibilité pour cinq ans de la dirigeante du Rassemblement national était «une affaire très importante». «Cela fait penser à notre pays, cela ressemble beaucoup à notre pays», a déclaré Donald Trump, lui-même condamné l'an dernier dans l'affaire des paiments cachés à une actrice de films X.
Habitué à commenter l'actualité politique des autres pays, le milliardaire Elon Musk y est allé de sa critique. Le proche conseiller du président américain Donald Trump, a fustigé un «abus du système judiciaire» et a mis en garde contre «un retour de bâton».
L'ex-président brésilien d'extrême-droite Jair Bolsonaro (2019-2022), lui-même condamné à une peine d'inéligibilité au Brésil, a lui dénoncé une «persécution» de Marine Le Pen. «J'espère et j'encourage Mme Le Pen à surmonter cette persécution et à se présenter à la prochaine élection présidentielle» en 2027, a-t-il écrit sur son compte X.
Lundi, avant même que l'intégralité du verdict soit rendu, Kremlin a déploré une «violation des normes démocratiques». «Nos observations de ce qui se passe dans les capitales européennes montrent qu'on ne se gêne pas du tout là-bas pour dépasser le cadre de la démocratie lors d'un processus politique», a réagi le porte-parole du gouvernement russe, Dmitri Peskov.
«Je suis Marine!», a lancé dans un cri de ralliement sur X son allié hongrois Viktor Orban. Pour le Premier ministre nationaliste, elle vient grossir les rangs des «patriotes» victimes selon lui d'une cabale.
Matteo Salvini, qui a eu lui-même maille à partir avec la justice de son pays, a exhorté Marine Le Pen «ne pas se laisser intimider». «En avant toute, mon amie!», a-t-il écrit. Il a également dénoncé la «déclaration de guerre de Bruxelles», aux sources selon lui de la condamnation de Marine Le Pen, accusée d'avoir fait prendre en charge par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le RN.
«Ils n'arriveront pas à faire taire la voix du peuple français», a averti le leader nationaliste espagnol Santiago Abascal. Il avait convié en février à Madrid la députée française, aux côtés de Viktor Orban et d'autres chefs de file du groupe parlementaire européen Patriotes pour l'Europe, lequel a dans un message sur X évoqué une «dérive autoritaire alarmante au sein de l'UE».
Aux Pays-Bas, le patron de l'extrême droite Geert Wilders s'est dit «choqué» par un jugement «incroyablement sévère». «Je suis persuadé qu'elle gagnera en appel et qu'elle deviendra présidente de la France», a-t-il dit.
Le nationaliste roumain George Simion, nouveau favori du premier tour de la présidentielle roumaine, estime que la France q"cible ou anéantit» ses adversaires politiques, une méthode «tout droit sortie du manuel d'instructions des régimes totalitaires».
L'inéligibilité essuyée par Marine Le Pen rappelle les événements politiques récents en Roumanie, où le candidat d'extrême droite Calin Georgescu a été écarté de la course à la présidence par la Cour constitutionnelle. Il était arrivé contre toute attente en tête du premier tour le 24 novembre après une intense campagne sur le réseau social TikTok, un scrutin ensuite annulé pour cause de soupçons d'ingérence russe lors d'une décision rarissime au sein de l'Union européenne.
Selon le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, «les tribunaux sont devenus les outils de ceux qui craignent la démocratie». Sous le coup d'un mandat d'arrêt pour attaque à l'ordre constitutionnel, il a lui aussi écrit «Je suis Marine» en français, tout comme l'ex-Premier ministre tchèque Andrej Babis.
Seule exception dans ce concert européen, le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), interrogé par l'AFP, n'a pas souhaité réagir, le RN ayant pris ses distances avec cette formation aux positions très radicales en raison de divers scandales.