La Colombie ne reprendra pas ses exportations d'électricité vers l'Equateur tant que Quito ne lève pas les droits de douane sur les marchandises colombiennes, a prévenu lundi le président Gustavo Petro, en plein bras de fer entre les deux voisins.
Les deux pays sont engagés depuis des mois dans une guerre commerciale, l'Equateur accusant la Colombie d'échouer à lutter contre le trafic de drogue et l'extraction minière illégale le long de leur frontière commune.
Les deux pays s'imposent des droits de douane sur leurs importations respectives et les ont relevés successivement jusqu'à 100% à partir de mai dans des annonces la semaine dernière. En réaction à des droits de douane imposés par Quito, la Colombie ne vend plus d'électricité à l'Equateur depuis février.
«Supprimez les droits de douane et nous discuterons», a lancé Gustavo Petro à l'adresse de l'Equateur qui a a connu en 2024 d'importantes coupures de courant en raison d'une sécheresse d'ampleur qui avait nui à la production hydroélectrique dont dépend le pays.
«Livrer la frontière à la mafia»
Les prévisionnistes anticipent le retour probable du phénomène naturel de réchauffement El Niño dans l'année, faisant craindre de nouvelles chaleurs extrêmes sur la planète. «El Niño va frapper l'Equateur, il va priver l'Equateur d'électricité», a lâché Gustavo Petro lors d'une réunion à Ipiales (sud), tout en réaffirmant que son gouvernement ne reprendrait pas l'exportation d'électricité vers son voisin.
Le dirigeant colombien a aussi reproché à son homologue équatorien, Daniel Noboa, allié de Donald Trump de faire un mauvais calcul en augmentant les droits de douane. C'est contreproductif selon lui et revient à «livrer la frontière à la mafia». «Fermer la frontière par des droits de douane (...) qu'est-ce que cela produit? Non pas que les peuples cessent de commercer, mais que les Equatoriens se tournent vers la contrebande», a jugé Gustavo Petro.