Au moins 28 personnes ont été tuées dimanche dans une frappe de drone contre un marché du Kordofan-Nord, dans le centre du Soudan, a affirmé lundi l'ONG Emergency Lawyers, un groupe indépendant qui documente le conflit soudanais.
Le Kordofan, vaste région fertile et riche en pétrole au sud de Khartoum, est aujourd'hui le front le plus disputé du conflit qui oppose depuis près de trois ans l'armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
«Des drones ont bombardé le marché de la zone d'Al-Safiya, dans la localité de Sodari», contrôlée par les paramilitaires en guerre depuis près de trois ans contre l'armée, «faisant 28 morts et des dizaines de blessés», a écrit l'ONG dans un communiqué ne précisant pas l'origine des drones.
Sodari se situe à environ 230 kilomètres d'El-Obeid, la capitale de l'État que les combattants des FSR tentent d'encercler depuis des mois. L'attaque survenue dimanche soir «s'est produite alors que le marché connaissait une forte affluence de civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées», a précisé le collectif d'avocats pro-démocratie, avertissant que le bilan pourrait s'alourdir.
Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, et déplacé, dans ses heures les plus sombres, plus de 14 millions de personnes à l'intérieur du pays et au-delà de ses frontières, avec ce que l'ONU a qualifié de pire crise humanitaire au monde.
Attaques de drones en hausse
Après s'être emparées en octobre de la ville d'El-Facher – dernière position de l'armée dans la région occidentale du Darfour, les FSR ont étendu leur progression à travers le Kordofan, cherchant à s'emparer de l'axe central du pays qui relie le Darfour à la capitale Khartoum.
Selon les dernières estimations de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiées mardi, environ 115'223 personnes ont été déplacées du Kordofan entre le 25 octobre et le 5 février.
Alors que les négociations de paix restent dans l'impasse, le conflit a été marqué ces derniers mois par une multiplication d'attaques de drones. L'armée soudanaise accuse les Emirats arabes unis de fournir des drones aux FSR ce qu'Abou Dhabi a toujours démenti. Les paramilitaires, de leur côté, affirment régulièrement que des drones turcs fournis à l'armée par ses alliés sont utilisés pour frapper des civils au Darfour et au Kordofan.
Les FSR ont par le passé accusé l'Egypte de fournir un appui militaire direct à l'armée régulière, ce que Le Caire a toujours démenti.