Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a exprimé mardi sa «profonde gratitude» envers son homologue russe Vladimir Poutine pour avoir permis le retour de Sud-Africains enrôlés contre leur gré pour combattre aux côtés des forces russes en Ukraine. Pretoria a annoncé en novembre avoir reçu des appels à l'aide de 17 Sud-Africains qui disent avoir été dupés et envoyés sur le front ukrainien dans le Donbass, comme des centaines d'hommes du continent au moins.
Quatre de ces hommes sont rentrés chez eux la semaine dernière et onze autres devaient revenir prochainement, a précisé mardi la présidence. Enfin deux se trouvaient toujours en Russie, dont l'un à l'hôpital. Un homme de 39 ans a subi une amputation d'un pied à la suite d'une attaque de drone en décembre, a rapporté dimanche le journal sud-africain Sunday Times. Tandis qu'un autre, de 45 ans, est en fauteuil roulant, d'après ce même hebdomadaire local.
«Le président Ramaphosa a exprimé sa profonde gratitude au président Vladimir Poutine, qui a répondu positivement à son appel en faveur du processus de rapatriement de ces hommes dans leur pays», a déclaré la présidence dans un communiqué. «L'enquête sur les circonstances qui ont conduit au recrutement de ces jeunes hommes dans des activités de mercenariat est en cours», a-t-elle ajouté.
36 pays africains concernés
La loi sud-africaine interdit à ses citoyens de combattre pour des armées étrangères sans autorisation du gouvernement. Les proches des recrues ont indiqué à des médias locaux que ce voyage en Russie leur avait été présenté comme une formation de sécurité qu'ils devaient suivre pour obtenir un emploi au sein du parti MK, fondé en 2023 par l'ex-président Jacob Zuma, à la tête du pays de 2009 à 2018 et réputé proche de Moscou.
Ces recrutements sont toutefois loin de se limiter à l'Afrique du Sud. Quatre Kényans rentrés de Russie ont raconté récemment à l'AFP la tromperie les ayant conduits à se battre contre l'Ukraine contre leur gré. Plus de 1000 citoyens de ce pays d'Afrique de l'Est se sont rendus en Russie pour finir par combattre dans la guerre russo-ukrainienne, d'après un rapport du renseignement présenté aux députés kényans.
Kiev disait en novembre avoir identifié au moins 1436 citoyens de 36 pays africains dans les rangs russes. Accusée par des familles d'enrôlés d'avoir participé à leur recrutement, la fille de l'ex-président sud-africain Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné du Parlement sud-africain.