Des coups de feu et des tirs d'artillerie ont été entendus vendredi près du poste-frontière stratégique de Torkham entre l'Afghanistan et le Pakistan par des journalistes de l'AFP, les deux pays voisins étant engagés dans des affrontements meurtriers. Les tirs d'artillerie ont été entendus depuis le territoire afghan près de la frontière vers 9h30 (5h GMT), avant que les affrontements transfrontaliers ne reprennent. D'autres coups de feu ont résonné dans le lointain, ont rapporté les journalistes sur place.
L'un d'eux a vu des soldats afghans se diriger vers la frontière, avant que les forces de sécurité ne lui ordonnent de quitter la zone. Le poste-frontière de Torkham est resté ouvert pour les Afghans qui reviennent en masse du Pakistan, bien que la frontière terrestre soit en grande partie fermée depuis les combats entre les pays voisins en octobre qui ont fait plus de 70 morts de part et d'autre.
«J'ai vu du sang»
Le camp d'Omari, qui accueille les rapatriés afghans près du poste-frontière, a été touché par les combats pendant la nuit, poussant des personnes à fuir. «Les enfants, les femmes et les personnes âgées couraient», a témoigné Gander Khan, un rapatrié de 65 ans, debout devant des rangées de tentes.
«Ici, tout près, une balle a frappé. J'ai vu du sang, elle a blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes», a-t-il déclaré à l'AFP. Zarghon, un rapatrié de 44 ans qui n'a donné que son prénom, a déclaré que deux ou trois enfants avaient disparu dans la panique.
«Certains ont laissé leurs papiers et se sont simplement enfuis. Ils n'ont même pas pris leur argent, ils n'ont pas pris l'aide qu'ils avaient reçue. Par peur, tout le monde est parti», a-t-il raconté à l'AFP. Les forces afghanes ont lancé une offensive frontalière contre les troupes pakistanaises jeudi soir, en riposte, selon les autorités talibanes, à des bombardements pakistanais le weekend dernier.