Plusieurs suspects ont été identifiés, dont certains liés à l«ultragauche», dans l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, a appris mardi l'AFP de source proche du dossier. Les suspects appartenant à la «mouvance d'ultragauche» ne sont pas fichés S, a précisé cette source. Le jeune homme a succombé à Lyon des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés, selon des déclarations du procureur lundi. Les responsabilités du décès de Quentin Deranque restent floues. Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant était, selon le collectif identitaire Némésis, chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Némésis a affirmé que Quentin avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de La Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise. Alors que le gouvernement a pointé du doigt La Jeune Garde, le procureur de Lyon, Thierry Dran, a refusé d'en dire plus sur le profil des agresseurs, lundi lors d'une conférence de presse. «Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance», a-t-il éludé, disant vouloir se baser «non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments» d'investigation.
Une minute de silence sera observée mardi à l'Assemblée nationale, selon une annonce sur X du président du groupe UDR Eric Ciotti, confirmée ensuite par l'entourage de Yaël Braun-Pivet. Cette décision a été prise par la conférence des présidents de l'Assemblée et «personne ne s'y est opposé», selon des sources parlementaires. La minute de silence aura lieu avant les Questions au gouvernement à 15H00.
LFI en mauvaise posture
Eric Ciotti, patron du groupe UDR (Union des droites pour la République), allié au RN, a salué la tenue de la minute de silence, expliquant en avoir fait la demande lui-même. Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI, a déclaré en conférence de presse avoir soutenu la demande. «Nous l'avons soutenue tout en redisant, et j'espère que la présidente de l'Assemblée nationale suivra cela, que nous souhaitons que cette minute de silence soit un hommage digne (...) et que ce ne soit pas le lieu d'instrumentalisation qui serait, je crois, extrêmement dommageable pour notre Assemblée», a-t-elle poursuivi.
Elle a toutefois pointé une «flambée de violences de l'extrême droite», prenant en exemple la mort de l'ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris le 19 mars 2022, et soulignant qu'il n'y avait pas eu de minute de silence. Les responsabilités du décès de Quentin Deranque restent floues. Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant était, selon le collectif identitaire Némésis, chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé lundi la «responsabilité morale» de La France insoumise dans un «climat de violence» dans le débat politique. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a assuré mardi qu'il n'y avait «aucun lien» entre son mouvement et la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, rejetant des accusations «mensongères». «J'appelle tout le monde à la responsabilité et à la vigilance parce que, quand on lance des accusations infondées, graves et mensongères, ça a des conséquences», a-t-il dit sur France Inter.
Finis les meetings
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a assuré mardi sur BFMTV qu'il n'y aurait pas d'autres «meetings» dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré. «Avec les risques qu'on a aujourd'hui qui sont maintenant tristement très très clairs, évidemment non, il n'y aura pas d'autres meetings de ce type-là dans les établissements», a indiqué le ministre, précisant avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs en ce sens. Il a toutefois souligné que la décision reviendrait à la fin aux présidents d'universités.
«Des discours qui ont vocation à enflammer les jeunes, à les mettre dans la rue pour avoir des interactions violentes (...), ce n'est pas possible de continuer à avoir ça aujourd'hui au sein des établissements parce que le risque de trouble est avéré et donc (...) il y a évidemment un moyen très simple d'interdire» ce type d'événement, a pointé Philippe Baptiste.
Philippe Baptiste a fait part mardi d'«une immense colère de voir que le discours politique agressif, dur, violent, se transforme en violence physique», estimant que «là, il y a une responsabilité morale de LFI qui est extrêmement forte». La circulaire évoquée par Philippe Baptiste, également signée par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, rappelle les critères que doivent prendre en compte les présidents d'université pour autoriser la mise à disposition de locaux pour des étudiants qui en font la demande pour une réunion publique: ils doivent concilier «les libertés académiques et les libertés d'expression» et le «maintien de l'ordre dans l'établissement et le bon fonctionnement du service public», en fonction du «contexte» et du «contenu de la réunion».
«Alors que la violence politique a atteint un nouveau sommet», la circulaire demande aux recteurs et préfets «d'apporter leur expertise» en prenant en compte le «climat très particulier de tensions voire de violences extrêmes autour de tels évènements, comme en témoigne la tragédie qui vient d'endeuiller Lyon». Le document rappelle aux préfets et aux recteurs leur rôle d'accompagnement des présidents d'université dans la prise de décision sur l'annulation d'événements.