Des accusations «mensongères»
Le gouverneur mexicain accusé de narcotrafic se retire

Le gouverneur de Sinaloa, Ruben Rocha Moya, accusé par les Etats-Unis de liens avec le narcotrafic, a annoncé vendredi son retrait temporaire pour permettre des enquêtes. Il dément les accusations qu'il juge «mensongères».
Un manifestant brandit un drapeau national lors d'une manifestation près du Palais national à Mexico, le 15 novembre 2025.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le gouverneur mexicain du parti au pouvoir, accusé par les Etats-Unis d'entretenir des liens avec le narcotrafic, a annoncé vendredi qu'il se retirait temporairement de ses fonctions pour faciliter les investigations du parquet. «J'informe la population de Sinaloa que j'ai déposé aujourd'hui, auprès du Congrès de l'Etat, une demande de congé temporaire de mes fonctions de gouverneur», a déclaré Ruben Rocha Moya dans une vidéo postée sur YouTube.

Le parquet fédéral de New York a accusé mercredi Ruben Rocha Moya et neuf autres responsables mexicains, actuels ou anciens, de s'être associés au cartel de Sinaloa «pour distribuer des quantités massives de stupéfiants aux Etats-Unis». Des accusations «mensongères et malveillantes», s'est défendu vendredi Ruben Rocha Moya, membre du parti au pouvoir Morena et gouverneur de l'Etat de Sinaloa (nord-ouest) depuis 2021.

Le parquet général du Mexique a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête à l'égard des personnes visées par la justice américaine afin de «déterminer s'il existe des éléments de preuve». Mais le parquet a ensuite indiqué vendredi qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour placer en détention provisoire le gouverneur, considéré comme proche de l'ex-président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador.

Trafic de fentanyl

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum avait demandé jeudi aux Etats-Unis de fournir des preuves «irréfutables» dans ce dossier. Vendredi, elle a en outre averti qu'elle ne permettrait à aucun «gouvernement étranger» de violer la souveraineté mexicaine, sans toutefois faire explicitement référence aux Etats-Unis ni aux accusations.

Le gouvernement de Donald Trump fait pression depuis des mois sur le Mexique pour qu'il mette un terme au trafic de drogue vers son territoire, en particulier celui du fentanyl, et menace d'imposer des droits de douane comme sanction ou de recourir à ses troupes pour traquer les narcotrafiquants sur le territoire mexicain. En réponse, le gouvernement Sheinbaum a augmenté les saisies et intensifié les opérations contre les barons de la drogue dans le pays, tels Nemesio Oseguera, alias «El Mencho», mort en février au terme d'une intervention de l'armée.



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