Un jeune homme a été arrêté samedi dans l'enquête sur l'attaque contre des ambulances de la communauté juive à Londres fin mars, alors qu'il se trouvait au tribunal au moment où trois suspects inculpés dans cette affaire devaient comparaître devant un juge. Cette nouvelle arrestation a été annoncée par la représentante du procureur Emma Harraway, lors de l'audience de ces trois suspects inculpés la veille.
Dans un communiqué, la police a précisé qu'elle avait arrêté un jeune homme de 19 ans dans l'enceinte du tribunal. «Alors qu'ils assistaient à l'audience de trois autres suspects, les policiers ont reconnu l'homme comme étant impliqué dans l'incendie criminel», a-t-elle détaillé.
Hamza Iqbal, 20 ans, et Rehan Khan, 19 ans, deux ressortissants britanniques, et un Britannico-Pakistanais de 17 ans, tous résidents de l'est londonien, ont comparu samedi devant le tribunal de Westminster à Londres. Ils avaient été arrêtés mercredi, puis inculpés vendredi pour «incendie volontaire risquant de mettre des vies en danger», selon la police.
Durant l'audience, ils ont simplement pris la parole pour confirmer leur identité. La représentante du procureur a fait valoir que les trois accusés avaient fait preuve d'une «préméditation et d'une planification importantes, notamment en tentant de dissimuler» leurs actions.
«Un crime de haine antisémite»
Il existe de «solides preuves qu'il s'agit d'une attaque préméditée et ciblée contre la communauté juive», a-t-elle ajouté. A l'issue de l'audience, le juge a décidé de les maintenir en détention jusqu'à leur prochaine comparution le 24 avril devant la cour criminelle de Londres. L'adolescent sera détenu dans un centre spécialisé pour les mineurs.
Quatre ambulances de l'organisation juive Hatzola gérant un service d'urgence bénévole avaient été incendiées pendant la nuit du 23 mars, sans faire de blessés, dans le quartier de Golders Green, dans le nord-ouest de Londres, où vit une importante communauté juive. Deux autres hommes ont déjà été arrêtés le 25 mars dans le cadre de l'enquête et remis en liberté sous caution.
La police traite l'attaque comme «un crime de haine antisémite», mais ne l'a pas qualifiée à ce stade de «terroriste». Les investigations sont toujours en cours «pour établir si l'affaire tombe sous le coup» de la législation antiterroriste, a indiqué mercredi la représentante du procureur à l'audience.
Les enquêteurs de la police antiterroriste, chargés de l'enquête, examinent la revendication vidéo émanant du groupe jusqu'à récemment inconnu Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya (Hiya), possiblement lié à l'Iran. Il a revendiqué d'autres attaques contre la communauté juive en Belgique et au Pays-Bas, et le parquet antiterroriste français a évoqué un lien possible avec la tentative d'attentat déjouée le 27 mars contre le siège parisien de Bank of America.