Tommy Robinson, harceleur?
Elon Musk va payer les frais d’avocats d'un extrémiste de droite

Jugé à Londres pour le harcèlement de deux journalistes, Tommy Robinson affirme bénéficier du soutien financier d’Elon Musk pour assurer sa défense. Le militant d’extrême droite encourt jusqu’à dix ans de prison.
Tommy Robinson encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement.
Photo: Dukas
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AFP Agence France-Presse

Le militant d’extrême droite britannique Tommy Robinson, jugé à partir de lundi à Londres pour le harcèlement de deux journalistes, a affirmé avoir reçu le soutien financier du milliardaire américain Elon Musk pour payer ses frais d’avocats.

Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, 43 ans, est accusé de «harcèlement ayant engendré une crainte de violences», pour avoir proféré des menaces sur les réseaux sociaux à l’encontre de deux journalistes travaillant pour le tabloïd «Daily Mail» et son site internet «Mail Online», Andrew Young et Jacob Dirnhuber.

Les faits se sont produits entre le 5 et le 7 août 2024, au moment où le Royaume-Uni était secoué par une vague d’émeutes anti-migrants et islamophobes, que Tommy Robinson est soupçonné d’avoir contribué à attiser sur les réseaux sociaux.

Il plaide non coupable

Le militant s’en était pris aux journalistes, mécontent après une série d’articles du «Daily Mail» décrivant ses vacances et son train de vie à Chypre, où il se trouvait en famille au moment de ces émeutes. Il a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés.

Avant l’ouverture du procès devant la cour criminelle de Southwark, le militant a posté, sur le réseau social X, une vidéo le montrant arriver au tribunal, dans laquelle il répond «oui» à une personne qui lui demande s’il est soutenu par Elon Musk dans cette affaire. Il affirme avoir «une équipe d’avocats fournie» par le milliardaire.

Tactiques d'intimidation

Lors de cette première journée d’audience, le représentant du bureau du procureur, Benjamin Holt, a détaillé les messages publiés sur X ou directement envoyés par Tommy Robinson aux deux journalistes, l’accusant d’avoir employé des «tactiques d’intimidateur».

Il a notamment rapporté une conversation téléphonique entre Tommy Robinson et Andrew Young, durant laquelle le militant «est devenu de plus en plus menaçant» et a dit au journaliste: «Je vais venir te chercher». Le militant a décidé «d’intimider ces journalistes» après «ce qu’il a perçu comme une intrusion injustifiée (de leur part) dans ses vacances», a résumé le procureur.

«Il a choisi de les effrayer, en faisant en sorte que des individus se rendent à leur domicile» et «sur les réseaux sociaux, devant des millions d’abonnés (...), il a diffusé des images de leurs domiciles». Puis «les journalistes ont été menacés» par ses partisans ou abonnés, a détaillé Benjamin Holt. Le procès se poursuit. Il doit durer environ une semaine. Tommy Robinson encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

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