En imaginant la mascotte parfaite du 10 Downing Street, lieu de résidence historique du Premier ministre britannique, on aurait facilement imaginé un corgi dodu ou un élégant Cavalier King Charles Spaniel, en hommage à la famille royale. Mais il n'en est rien. La star des lieux n'est autre qu'un chat prénommé Larry, sauvé de la rue et adopté en 2011 pour débarrasser le PM de quelques rongeurs persistants.
Mi-février, le matou âgé de 19 ans a d'ailleurs fêté sa 15e année en tant que «chasseur de souris en chef» du bâtiment, signifiant qu'il a vu passer six premiers ministres durant son «règne», allant de David Cameron à Keir Starmer. «Alors que la politique britannique a enchaîné les leaders, Larry le chat est resté où il est», remarque notamment CNN.
Un cahier des charges strict
Photographes, journalistes et touristes se pressent désormais aux alentours de la mythique porte noire, espérant évidemment croiser le Premier ministre, mais toujours ravis de surprendre le félin brun et beige, désormais presque aussi célèbre dans le quartier. David Cameron et sa femme Samantha, les premiers propriétaires de Larry, étaient persuadés que le félin charmerait tout le monde. Ils avaient manifestement vu juste: le post Instagram consacré au 15e anniversaire de son arrivée a rencontré davantage de succès que la majorité des autres publications officielles du 10 Downing Street, sur la plateforme.
Sans oublier que le cahier des charges du félin est puisé dans l'Histoire britannique, puisque les chasseurs de souris sont employés depuis le règne d'Henry VIII, rappelle BBC. Le matou aurait toutefois mis plusieurs mois avant de parvenir à attraper l'une d'entre elles, en avril 2011.
On retient également Freya, chat domestique de George Osborne, parlementaire et chancelier de l'Echiquier sous David Cameron. Voisine et collègue de Larry, elle avait plusieurs fois tenté de lui voler la vedette, résultant de querelles félines décrites dans des articles dignes des colonnes de «People». De vraies divas.
Palmerston, le «diplocat»
Si elle souligne le même penchant pour les chats, la nouvelle partagée le 16 février par le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, s'avère beaucoup plus triste. Le Gouverneur des Bermudes, Andrew Murdoch, y déplore en effet le décès de Palmerston, son chat «diplomate» et, accessoirement, chasseur de souris. Le félin, anciennement logé au Bureau des affaires étrangères de Battersea, à Londres, avait déménagé sur l'archipel ensoleillé pour profiter d'une retraite bien méritée.
«Le meilleur collègue que j'ai eu de ma vie, peut-on lire dans les commentaires. Merci pour ces moments de joie que tu m'as apportés en me rendant visite le matin, sous mon bureau.» Simon Manley, représentant permanent du Royaume-Uni aux Nations Unies, ajoute: «Ce merveilleux chat va beaucoup nous manquer. Il était un félin qui rendait les lieux beaucoup plus humains.»
Il semble ainsi qu'en plus de tenir le poste de chasseur de souris, les chats du monde politique britannique jouent également le rôle de CHO, Chief happiness officer.