Quatre membres du mouvement d'extrême droite «Junge Tat» («Action jeune») ont comparu vendredi devant la justice zurichoise. Leur procès pour discrimination et incitation à la haine a entraîné le rassemblement d'une centaine de manifestants antifascistes devant le bâtiment du tribunal.
Le Ministère public a requis une peine de quinze mois de prison dont six mois ferme contre les deux principaux accusés, les leaders du groupement incriminé, âgés de 23 et 25 ans. L'accusation exige aussi des peines pécuniaires et des amendes contre les deux récidivistes. Les deux autres prévenus, présents lors de l'une ou l'autre des actions incriminées, risquent des peines pécuniaires avec sursis.
Evènements liés à la Pride perturbés
Les faits reprochés remontent aux années 2022 à 2024. En juin 2022, les accusés ont notamment pénétré à Zurich dans une église où se déroulait une messe en l'honneur de la Pride. Ils ont alors déposé dans l'église une grande croix avec l'inscription «No Pride Month» («Pas de mois de la Pride»).
Ils ont aussi interrompu une séance de récits de contes pour enfants par des drag queens dans une salle de danse. Les prévenus sont également accusés d'effraction et de violations de la loi sur les explosifs lors d'actions non autorisées sur une grue de chantier à Zurich et sur le toit de la gare centrale de Bâle.
La défense exige l'acquittement
Devant le Tribunal de district de Zurich, les avocats des accusés ont exigé que leurs clients soient acquittés des chefs d'accusation de discrimination, d'appel à la haine et d'atteinte à la liberté de croyance et des cultes. Ils ont invoqué la liberté d'expression.
La salle d'audience était bien remplie. Outre de nombreux journalistes, des membres de «Junge Tat» étaient présents, de même que des organisateurs d'évènements perturbés par le groupement d'extrême droite. A l'extérieur, une centaine de personnes se sont rassemblées avant l'ouverture du procès pour protester contre l'extrémisme de droite. On ignore encore quand le jugement sera rendu.