La première ministre japonaise Sanae Takaichi s'est engagée vendredi devant le Parlement à «ne pas adopter de politique budgétaire irresponsable susceptible de saper la confiance» des investisseurs. Ses promesses de rabais fiscal ont fait tanguer les marchés financiers.
«Nous maintiendrons le taux de gonflement de la dette publique dans la fourchette du taux de croissance économique et réduirons progressivement le ratio dette publique/PIB», a martelé la dirigeante ultra-conservatrice devant le Parlement. Devenue en octobre la première femme cheffe de gouvernement dans l'archipel, Sanae Takaichi avait annoncé en novembre un plan de relance équivalant à 117 milliards d'euros pour aider ménages et entreprises, avec subventions énergétiques et allocations face à l'inflation.
Et en amont des législatives anticipées du 8 février, lors desquelles son parti libéral-démocrate (PLD) a obtenu une majorité écrasante à la chambre basse, elle a promis d'exempter les produits alimentaires de la taxe sur la consommation de 8% sur les deux prochaines années. Elle s'est efforcée lors de son discours de politique générale vendredi de rassurer, alors que sa promesse électorale avait affolé les marchés, inquiets d'un gonflement de la dette et de dérapages budgétaires, et fait bondir les rendements des obligations souveraines japonaises à des niveaux records.
Pour autant, «le gouvernement mettra fin à la tendance persistante d'austérité excessive et d'investissements insuffisants dans notre avenir», a-t-elle aussi martelé devant le Parlement, en dépit des multiples plans de relance de ses prédécesseurs.
Un Japon «fort et prospère»
Sanae Takaichi a déclaré vouloir faire de l'archipel japonais un pays «fort et prospère». «Je continuerai sans relâche à appuyer sur le bouton 'croissance' autant que possible». Elle s'est ainsi engagée à promouvoir l'investissement dans les secteurs de «gestion des risques» tels que l'énergie, la santé, les infrastructures et la cybersécurité.
Elle entend aussi concentrer son action sur le renforcement de secteurs porteurs tels que l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la construction navale, susceptible de «favoriser la croissance du Japon en fournissant des produits, services et infrastructures permettant de relever les défis tant au niveau national qu'international». Enfin, Sanae Takaichi a promis que l'archipel allait «recourir au maximum aux énergies décarbonées», à l'heure où Tokyo relance ses centrales nucléaires pour tenter de diminuer sa forte dépendance aux importations d'hydrocarbures.