Un colon israélien accusé d'avoir frappé avec un bâton et grièvement blessé une Palestinienne à terre en Cisjordanie occupée, a été inculpé jeudi pour «terrorisme», a indiqué le ministre de la Justice israélien dans un communiqué. L'inculpation pour terrorisme contre des colons israéliens est rare. Le parquet a demandé son maintien en détention.
L'incident s'est produit en octobre à Turmus Ayya, près de Ramallah, épicentre cette année des violences accrues des colons israéliens contre les habitants du territoire palestinien occupé depuis 1967. Filmé par un volontaire étranger, dont la présence est censée dissuader ces attaques, il a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures.
Selon le communiqué du ministère de la Justice citant l'acte d'inculpation, «Ariel Dahari, 24 ans, originaire de l'avant-poste d'Oz Yair, a agressé une femme palestinienne et d'autres cueilleurs d'olives dans un verger».
«Motivé par un mobile raciste»
«Il a frappé une femme, une habitante du village venue pour la récolte, à la tête et au corps avec un bâton en bois, et n'a cessé de la frapper même lorsqu'elle est tombée à terre, lui causant des blessures importantes qui ont nécessité des soins médicaux», ajoute le texte.
Dans le détail, l'homme est inculpé d'«acte terroriste ayant causé des blessures intentionnelles aggravées, d'acte terroriste en bande organisée ayant causé des blessures aggravées, et de dégradation volontaire en bande organisée d'un véhicule, motivée par un mobile raciste», selon le communiqué du ministère. Plus de 500'000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a recensé en octobre un pic des attaques de colons en près de deux décennies de collecte de données en Cisjordanie. Le pic des violences cette année va de pair avec la multiplication des colonies israéliennes, dans un territoire menacé d'annexion par une partie de la classe politique israélienne.
Le 18 novembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé les agissements d'une «poignée d'extrémistes» juifs en Cisjordanie occupée et promis de s'occuper «personnellement» du problème des colons violents. Dans l'opposition, le dirigeant de la coalition de gauche Les Démocrates, Yaïr Golan, avait déploré un «terrorisme juif (...) hors de contrôle».