En bref
- Le parti Likoud de Benjamin Netanyahu appelle à l'unité de ses alliés d'extrême droite avant les élections législatives du 27 octobre, face à la percée du nouveau parti d'Ofer Winter. Itamar Ben Gvir refuse une alliance avec Bezalel Smotrich, créant des tensions au sein de la coalition.
- Itamar Ben Gvir accuse Netanyahu de vouloir affaiblir son parti Otzma Yehudit, crédité de 7 à 8 sièges selon les sondages. Une candidature commune avec Bezalel Smotrich pourrait, selon lui, faire perdre 3 à 4 sièges à son camp.
- Le seuil pour entrer au Parlement israélien est fixé à 3,25% des suffrages. En 2022, l'alliance entre Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich avait obtenu 14 sièges, mais les deux partis se sont ensuite divisés en obtenant chacun 7 sièges.
Le Likoud, parti de droite de Benjamin Netanyahu, a fustigé vendredi le refus d'un des membres d'extrême droite de la stratégie d'alliance pour les prochaines élections législatives, inquiet qu'une division des voix fasse échouer la coalition.
Le Premier ministre israélien a récemment appelé ses alliés de droite dure à l'unité en amont du vote du 27 octobre, en réaction à la percée dans les sondages d'un nouveau parti d'extrême droite, fondé par un ancien général de l'armée, Ofer Winter. Mais il s'est heurté au refus du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, de faire campagne avec le ministre ultranationaliste des Finances, Bezalel Smotrich.
Itamar Ben Gvir a accusé Netanyahu de vouloir affaiblir son parti Otzma Yehudit («Force juive», extrême droite), auquel les sondages attribuent 7 à 8 sièges, soit une avance confortable sur le seuil nécessaire pour entrer au Parlement, fixé à 3,25% des suffrages exprimés. «Selon tous les sondages, une candidature commune entre moi et Bezalel Smotrich ferait perdre 3 à 4 sièges à Otzma Yehudit (...) et le gouvernement de droite tomberait!», a avancé jeudi Itamar Ben Gvir sur X.
«Qu'est-ce que Ben Gvir veut? Un large gouvernement national mené par le Premier ministre Netanyahu (...) ou, pour des raisons personnelles, brûler des voix de droite pour porter au pouvoir un gouvernement de gauche?», a répondu le lendemain le Likoud. Selon des analystes, Ofer Winter pourrait aspirer une partie des voix de Bezalel Smotrich, empêchant potentiellement son parti d'extrême droite, le «Sionisme religieux», d'atteindre le seuil.
«Il est l'heure de l'unité»
«Chaque fois que nous avons fait campagne unis, nous avons gagné. Lorsque nous nous sommes présentés séparément, nous avons perdu», a affirmé le Premier ministre dans une vidéo jeudi soir, sommant Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir de s'unir dans une liste commune.
«En 1992, la droite a obtenu plus de voix que la gauche, comme aujourd'hui, mais puisque nous faisions campagne séparément, nous avons eu droit au désastre d'Oslo, à Arafat, au Hamas et à des catastrophes à répétition», a ajouté Netanyahu, faisant référence au processus de paix lancé avec les accords d'Oslo de 1993 entre le Premier ministre de centre-gauche Yitzhak Rabin et le dirigeant palestinien Yasser Arafat.
«Il est l'heure de l'unité et de la responsabilité dans le camp national», a écrit Bezalel Smotrich sur X jeudi soir, semblant réceptif aux appels du chef du gouvernement. Benjamin Netanyahu a ensuite invité ses deux ministres à une réunion dimanche. Itamar Ben Gvir a suggéré que Netanyahu propose à la place une candidature commune entre Ofer Winter et Bezalel Smotrich. Bezalel Smotrich et Ben Gvir ont déjà fait alliance à deux reprises, remportant six sièges en 2021, puis 14 en 2022, lors des dernières élections. Les élus s'étaient ensuite divisés entre le «Sionisme religieux» de Bezalel Smotrich et la «Force juive» de Ben Gvir, qui ont chacun obtenu sept sièges.