Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affiché avec satisfaction l'appui dont il bénéficie de la part de Donald Trump, en diffusant lundi un appel téléphonique dans lequel le président américain lui prédit une «victoire éclatante» aux élections législatives le 27 octobre. Alors que les deux dirigeants avaient connu une période de tensions ces derniers mois, le tempétueux dirigeant américain a annoncé dimanche qu'il apportait un «soutien plein et entier» à Netanyahu pour ce scrutin qui s'annonce aussi décisif que serré.
Depuis, le Premier ministre israélien, tancé par ses opposants en Israël pour les défaillances de sécurité ayant mené au 7 octobre et pour les critiques internationales visant le pays à cause de la guerre dévastatrice à Gaza, joue sur sa relation spéciale avec le puissant allié américain pour convaincre les électeurs de lui faire confiance.
C'est dans ce contexte que Netanyahu a publié lundi sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle on le voit parler au téléphone avec Trump, dont la voix est audible sur le haut-parleur de l'appareil. Et le propos est plus que flatteur: «Je pense que tu vas remporter une victoire éclatante, vraiment. Alors voilà : tu es l'homme que je veux à mes côtés, Bibi» le surnom de Netanyahu, entend-on Trump dire.
Période de tension
Le visage rayonnant, Netanyahu assure en retour au président américain qu'il était «de loin, le plus grand ami qu'Israël ait jamais eu et qu'il aura jamais à la Maison Blanche». «Je suis extrêmement reconnaissant pour ce soutien extraordinaire», poursuit Netanyahu, ajoutant: «Donald, nous avons une mission à terminer», faisant allusion à sa promesse électorale «d'éliminer la menace iranienne». «Vous êtes un grand guerrier, et nous allons le prouver. Nous le prouverons très bientôt», conclut Trump durant cet entretien.
Malgré leur alliance contre l'Iran, qu'ils ont bombardé ensemble le 28 février déclenchant la guerre au Moyen-Orient, les relations entre MTrump et Netanyahu ont traversé une série de hauts et de bas. En particulier quand Donald Trump, confronté à l'impopularité aux États-Unis du conflit avec l'Iran, qui a fait monter les prix des carburants, a conclu en avril un cessez-le-feu avec Téhéran, devenu depuis lettre morte.
Trump s'était publiquement emporté contre son allié, l'accusant de vouloir saboter les négociations en cours avec des bombardements sur Beyrouth contre le Hezbollah pro-iranien. Netanyahu a aussi annoncé en août rejeter, comme le demandaient ses alliés d'extrême droite, une feuille de route américaine pour la sortie de guerre de la bande de Gaza, incluant un accord du Hamas pour son désarmement, ce que Donald Trump avait salué comme une avancée majeure.
Premier scrutin depuis le 7 octobre
Ce soutien public est un atout pour la campagne de Netanyahu qui est engagé dans une course serrée et met en avant sa relation privilégiée avec le président américain comme gage de la sécurité d'Israël. Le scrutin sera le premier organisé en Israël depuis l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, à laquelle Israël a riposté en lançant une guerre qui a ravagé la bande de Gaza, avant d'occuper une partie du Liban et de bombarder l'Iran avec l'aide des États-Unis.
David Makovsky, chercheur associé au Washington Institute for Near East Policy et observateur de longue date des relations entre les États-Unis et Israël, estime cependant que «ce n'est pas certain que ce soutien aura un impact considérable». Pour Makovsky, «les soutiens des présidents américains ne garantissent pas un résultat électoral ici», citant «un sondage indiquant que 71% des Israéliens déclaraient ne pas faire confiance à Trump sur la question iranienne».