Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a été tué samedi dans l'attaque d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran, a confirmé dimanche ce pays, qui a riposté par des tirs de missiles contre Israël et les Etats du Golfe.
Voici les principaux développements du conflit:
Mort de Khamenei confirmée, triumvirat nommé
«Khamenei, l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire, est mort», a affirmé le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Une annonce confirmée tôt dimanche par la télévision d'Etat iranienne.
Celle-ci a précisé que la transition serait assurée par un triumvirat composé du président iranien, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, ainsi que d'un membre du Conseil des gardiens de la Constitution.
Des milliers de personnes ont convergé dimanche vers l'emblématique place Enghelab pour rendre hommage au dirigeant disparu, scandant «A mort l'Amérique!», «A mort Israël!», ont constaté des journalistes de l'AFP. Le drapeau noir a par ailleurs été hissé en signe de deuil sur le sanctuaire de Mashhad, le plus sacré sur le sol iranien, dans le nord-est du pays.
Le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu avait, le premier, affirmé que «de nombreux signes» indiquaient que le dirigeant était mort. Selon la télévision israélienne, «30 bombes» ont été larguées sur son complexe résidentiel.
«Avec sa mort, la République islamique a effectivement pris fin et sera bientôt renvoyée dans les poubelles de l'Histoire», a écrit le fils du défunt chah, Reza Pahlavi, sur X. La fille d'Ali Khamenei, son gendre et sa petite-fille ont également été tués, selon les médias iraniens.
Le chef des gardiens de la révolution également tué
L'armée israélienne a également annoncé que sept hauts responsables iraniens avaient été «éliminés». Les morts du chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, et du conseil de Khamenei, Ali Shamkhani, ont été confirmées dimanche par l'Iran.
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont tous deux appelé les Iraniens «à renverser le régime». Des cris de joie ont résonné dans plusieurs quartiers de Téhéran samedi soir, selon des témoins. A 18h30 (heure suisse) samedi, le Croissant-Rouge iranien a annoncé plus de 200 morts.
Le pouvoir judiciaire iranien a fait état d'au moins 108 morts dans une école de filles. L'AFP n'a pas pu accéder à cette école et n'est pas en mesure de vérifier ce bilan. A l'ONU, l'Iran a dénoncé un «crime de guerre» devant le Conseil de sécurité.
Selon l'agence de presse Fars, des explosions ont touché notamment Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, à l'ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest) et Chiraz (sud). L'Iran a par ailleurs annoncé à l'Union européenne la fermeture «de facto» du détroit d'Ormuz, par où transite 20% du pétrole brut mondial.
Une région entière s'embrase
Aucun pays n'est épargné dans une région où les Etats-Unis disposent de bases militaires. Dimanche, l'Iran a annoncé de nouvelles frappes sur Israël et des bases américaines dans le Golfe. Les sirènes d'alerte aérienne ont retenti en Israël et de fortes explosions ont été entendues notamment à Doha, à Manama et à Dubaï, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Par ailleurs, de fortes explosions ont été entendues dimanche matin près de l'aéroport d'Erbil, qui abrite les troupes de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis dans la région autonome du Kurdistan irakien, selon un journaliste de l'AFP.
Samedi, l'Iran avait notamment affirmé avoir frappé le quartier général de la cinquième flotte de l'US Navy à Bahreïn, ainsi que d'autres bases américaines. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a cependant assuré sur X que «les dégâts sur les sites américains ont été minimes et n'ont pas affecté les opérations», ni fait de victimes.
Emirats arabes unis
Les Emirats disent avoir été visés par 137 missiles et 209 drones tirés par l'Iran, selon le ministère de la Défense. Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir entendu une explosion et vu une colonne de fumée s'élever de l'emblématique île artificielle de Dubaï, The Palm. Quatre blessés, selon les autorités.
Toujousr à Dubaï, l'emblématique hôtel Burj al Arab a été évacué à 2h20 du matin à la suite de frappes iraniennes, comme l'a signalé un lecteur à Blick. De nombreux clients, pris de panique, ont été transférés vers d'autres hôtels. Le célèbre complexe hôtelier a été visé par un drone, provoquant un début d'incendie, selon le bureau des médias de Dubaï. L'incendie est désormais maîtrisé.
Selon un autre lecteur, le plus haut bâtiment du monde a également été évacué. Tous les résidents ont dû quitter le gratte-ciel Burj Khalifa, haut de 828 mètres, en raison des tirs de roquettes.
Par ailleurs, «la chute de débris de missiles dans un quartier résidentiel» d'Abou Dhabi «a entraîné la mort d'un civil de nationalité asiatique» (ministère de la Défense). Et au moins une autre personne a été tuée, également un ressortissant asiatique, et sept blessées dans un «incident» à l'aéroport d'Abou Dhabi, selon son gérant. Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu de la fumée s'élever de la base d'Al Dhafra, à Abou Dhabi.
Bahreïn
Un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine a été touché par une «attaque de missile», selon le Centre national de communication de Bahreïn. Les habitants du quartier sont évacués et «plusieurs immeubles résidentiels à Manama» ont été touchés», selon le ministère de l'Intérieur. Ecoles et universités sont passées à l'enseignement à distance jusqu'à nouvel ordre.
Qatar
L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a appelé samedi à contenir une «dangereuse escalade» au Moyen-Orient, lors d'un appel téléphonique avec Donald Trump. Plusieurs explosions ont été entendues au-dessus du centre de Doha et près de la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région. Huit blessés, dont un grave, sont à déplorer dans le pays, a indiqué un diplomate à l'AFP.
Koweït
Un drone a frappé l'aéroport international du Koweït, faisant des blessés légers (Autorité de l'aviation civile). Trois membres de l'armée ont été blessés sur la base aérienne d'Ali Al-Salem (ministère koweïtien de la Défense).
Arabie saoudite
Plusieurs explosions ont été entendues à Ryad. Aucun bilan disponible.
Liban
Israël a annoncé avoir visé des positions du Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban, comme régulièrement ces dernières semaines. Les Etats-Unis exhortent leurs ressortissants à quitter le pays.
Jordanie
L'armée affirme avoir intercepté 13 missiles balistiques depuis samedi matin et a fait état de «dégâts matériels» dus à 73 cas de chutes de fragments de projectiles. L'ambassade des Etats-Unis à Amman a demandé à son personnel et ses ressortissants de se confiner.
Irak
Deux frappes ont visé la base militaire de Jurf al-Sakher (ou Jurf al-Nasr, sud), selon les autorités. Elle abrite le groupe Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires intégrés aux troupes régulières, ainsi que le puissant groupe armé pro-iranien Kataëb Hezbollah.
La défense antiaérienne américaine a été engagée contre des drones au-dessus d'Erbil, selon des journalistes de l'AFP. A Bagdad, des manifestants tentent par ailleurs dimanche matin de prendre d'assaut la zone hébergeant l'ambassade des Etats-Unis, a dit une source sécuritaire irakienne à l'AFP.
Israël en «état d'urgence spéciale»
Sur la journée de samedi, «environ 200 avions de combat (...) ont mené une frappe massive contre le dispositif de missiles et les systèmes de défense du régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran», a indiqué l'armée, affirmant qu'il s'agit du «plus grand raid aérien de l'histoire de l'armée de l'air israélienne».
Quelque 500 cibles ont été visées. L'attaque américano-israélienne sur l'Iran durera «aussi longtemps que nécessaire», ont affirmé Benjamin Netanyahu et Donald Trump. Israël a déclaré un état d'urgence spécial. L'armée israélienne a annoncé que «plusieurs points d'impact» étaient dus à des missiles iraniens.
Une femme d'une quarantaine d'années a été tuée samedi soir dans la région de Tel-Aviv, selon les secours. Des explosions ont été entendues samedi soir dans le centre d'Israël ainsi qu'à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Les abris publics de la ville sont ouverts. Les écoles ainsi que les lieux de travail et de rassemblement resteront fermés jusqu'à 19h (heure suisse) lundi, selon la mairie de Jérusalem. Le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte a été fermé.
Trump vise le pouvoir iranien
Le président américain a appelé le peuple iranien à «s'emparer» du pouvoir, dans une vidéo sur sa plateforme Truth Social. «Nous allons détruire leurs missiles, (...) raser leur industrie de missiles» et «réduire à néant leur marine». Après la mort de Khamenei, il a déclaré dimanche que les Etats-Unis frapperaient l'Iran avec une force jamais vue auparavant si le pays ripostait à l'attaque ayant tué le guide suprême.
«L'Iran vient de déclarer qu'il allait frapper très fort aujourd'hui, plus fort qu'il n'a jamais frappé auparavant», a écrit M. Trump sur sa plateforme Truth Social. «IL VAUT MIEUX QU'ILS NE LE FASSENT PAS, CAR S'ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT!»
Aux autorités iraniennes, il avait préalablement lancé: «Vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine». Au peuple iranien: «L'heure de votre liberté est à portée de main (...). Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir.» Aux Américains: «De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes.»
L'armée américaine a déclaré avoir utilisé pour la première fois au combat des drones explosifs, une technologie employée notamment par l'Iran et dans la guerre entre l'Ukraine et la Russie.
Paris et Londres réagissent
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé l'opération «conforme au droit international». La France, en revanche, «n'a été ni prévenue ni impliquée», a dit son président, Emmanuel Macron.