Il est rentré bredouille
Une semaine cauchemardesque pour J.D. Vance

En mission en Iran et en Hongrie, le vice-président américain JD Vance a essuyé deux échecs majeurs. L'un des favoris à la présidentielle 2028 voit ses ambitions politiques mises à rude épreuve.
J.D. Vance estime toutefois que «les choses se sont bien passées» au Pakistan.
Photo: keystone-sda.ch
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

J.D. Vance avait deux missions la semaine dernière: obtenir un accord avec l'Iran et maintenir Viktor Orban à la tête de la Hongrie. Aucune n'a été remplie.

Après l'échec des négociations avec Téhéran visant à mettre fin à une guerre dont il ne voulait pas, le vice-président américain de 41 ans semblait épuisé. Lors d'une brève conférence de presse à Islamabad, il a annoncé la «mauvaise nouvelle» et répondu à trois questions puis est rentré aux Etats-Unis.

Mais avant même qu'il n'atterrisse dimanche est tombée une autre mauvaise nouvelle pour l'administration américaine. Malgré les efforts acharnés du vice-président à Budapest, les Hongrois n'ont pas maintenu Viktor Orban au poste de Premier ministre lors des élections législatives.

J.D. Vance, considéré comme l'un des favoris à la succession de Donald Trump en 2028, s'est dit «attristé» par le résultat tout en insistant sur l'importance de peser sur les élections en Europe. «Ce n'était pas un mauvais voyage, car cela vaut la peine de soutenir les gens même s'ils ne gagnent pas les élections», a-t-il déclaré sur Fox News.

Mauvaise image

«Nous n'y sommes pas allés car nous nous attendions à ce qu'il remporte l'élection haut la main. Nous y sommes allés car c'était la bonne chose à faire», a-t-il ajouté.

Sur le papier, J.D. Vance était le parfait candidat pour jouer ce rôle: il est, au sein du gouvernement américain, l'un des plus fervents soutiens des partis d'extrême droite en Europe. A Budapest, il n'a pas hésité à encenser Viktor Orban, proche du président russe Vladimir Poutine, le qualifiant de «modèle» pour l'Europe.

Mais l'apparition du vice-président américain aux côtés du perdant du scrutin hongrois associe de fait la Maison Blanche à la défaite d'un de ses plus proches alliés et marque son premier revers majeur dans son soutien appuyé aux partis anti-immigration en Europe. Au Pakistan, JD Vance s'est retrouvé confronté à un défi complètement différent et bien plus complexe.

«Beaucoup de progrès»

L'ancien sénateur de l'Ohio a bâti sa carrière politique sur une opposition aux interventions militaires à l'étranger et s'est vivement opposé, en interne, au déclenchement de la guerre en Iran.

C'est pourtant à lui qu'est revenue la tâche de mener les négociations pour y mettre fin, et sa frustration était palpable lorsqu'il s'est adressé aux médias après de longues heures de tractations avec Téhéran.

Le lendemain, il s'est voulu plus optimiste lors de son entretien à Fox News. «Je ne dirais pas que les choses se sont seulement mal passées, je pense que des choses se sont bien passées», a-t-il affirmé. «Nous avons fait beaucoup de progrès».

Présidentielle encore lointaine

Il semble donc difficile de tirer des conclusions à l'issue de ces premières négociations de haut niveau en plus d'un demi-siècle entre Téhéran et Washington, même si les Etats-Unis ont depuis mis en place un blocus des ports iraniens. Selon le vice-président américain en tout cas, «la balle est dans le camp» des Iraniens.

Les conséquences de ces deux échecs consécutifs sur les ambitions politiques de J.D. Vance restent incertaines. Ne serait-ce que parce que la course à la présidentielle 2028, présentée à ce stade côté républicain comme un duel entre lui et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, ne commencera pas avant les élections législatives de mi-mandat en novembre.

Mais si le poste de vice-président offre une grande visibilité à Vance, il l'associe également aux décisions du président en exercice. Et dans le cas de Donald Trump, celles-ci deviennent de plus en plus impopulaires.

Articles les plus lus