Joshua Wong, l'une des principales figures du mouvement prodémocratie à Hong Kong, a plaidé coupable mercredi de collusion avec l'étranger lors de son procès pour atteinte à la sécurité nationale et encourt la prison à perpétuité. Cet ancien leader étudiant de 29 ans, a été inculpé l'an dernier de ce nouveau chef d'accusation en vertu de la loi sur la sécurité nationale, alors qu'il purge déjà une peine de près de cinq ans d'emprisonnement pour subversion.
Mercredi, après la lecture de l'accusation, il s'est levé du banc des accusés et a déclaré au juge, d'une voix forte: «Je confirme». Il lui est reproché d'avoir demandé à des pays, des particuliers ou des institutions à l'étranger d'"imposer des sanctions ou un blocus, ou de se livrer à d'autres activités hostiles» à l'encontre de la Chine et de sa région administrative spéciale (RAS) après l'imposition par Pékin d'une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.
Cette loi de 2020 a entraîné la quasi-disparition de la société civile et de l'opposition politique dans la place financière, autrefois très dynamiques. Les autorités affirment que ce texte était nécessaire pour mettre fin à l'agitation politique. Joshua Wong s'était exprimé dans les médias pour réclamer des sanctions internationales et avait rencontré des responsables politiques étrangers, notamment l'ancienne présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi et l'actuel secrétaire d'Etat Marco Rubio, ont détaillé les procureurs.
Il lui est aussi reproché d'avoir, comme d'autres militants, fait la promotion de leurs activités sur les réseaux sociaux afin d'attirer l'attention et le soutien de l'étranger. Selon des organisations de défense des droits humains, ces nouvelles accusations visent à maintenir durablement derrière les barreaux Joshua Wong, qui devait sortir prochainement de prison.
Un signe de main
En entrant dans le box des accusés mercredi, le militant prodémocratie a levé la main à l'adresse de ses soutiens qui lui faisaient signe. Il a souri et a hoché la tête en remerciement lorsqu'un sympathisant a crié: «Tiens bon!» Joshua Wong s'est fait connaître du grand public lors du mouvement des parapluies il y a plus de dix ans. Il a également participé aux manifestations de 2019, parfois violentes, qui ont conduit à l'adoption l'année suivante de la loi sur la sécurité nationale.
Avec Nathan Law et la militante Agnes Chow, Joshua Wong était l'un des dirigeants du parti Demosisto, qui défendait l'autodétermination de Hong Kong et s'est dissous après l'adoption de la loi sur la sécurité nationale. En novembre 2024, à l'issue du procès dit des «47 de Hong Kong», il a été condamné à 56 mois de prison pour subversion.
Lors de ce procès, le plus grand mené pour atteinte à la sécurité nationale dans la ville, 45 personnes ont été condamnées après avoir organisé des élections primaires informelles en 2020 pour sélectionner les candidats de l'opposition aux législatives. «Je continuerai à défendre mon pays – Hong Kong – jusqu'à ce qu'ils me réduisent au silence et m'éliminent de cette terre», avait-il réagi avant son arrestation, dans un message posté sur le réseau Facebook.