Sans attente «excessive»
Les pourparlers sur l'Ukraine se poursuivent mercredi à Genève

Washington, Kiev et Moscou se sont retrouvés à Genève pour des pourparlers. L’Ukraine dit ne pas nourrir d’attentes «excessives». Les discussions continuent mercredi.
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A Genève, Kiev tempère ses attentes face à Moscou.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Les Etats-Unis, l'Ukraine et la Russie sont autour de la même table à Genève pour avancer vers une résolution de quatre ans de conflit entre Kiev et Moscou. Kiev a admis ne pas avoir d'attentes «excessives» dans ces discussions, démarrées mardi après-midi à l'hôtel Intercontinental et qui doivent se poursuivre mercredi.

La Russie avait affirmé lundi que la question territoriale, alors qu'elle souhaite récupérer entièrement le Donbass, serait abordée. Kiev, qui n'est prête qu'à une possible zone de libre-échange dans l'est du pays, a parlé de son côté de sécurité et d'affaires humanitaires au menu.

«Nous travaillons de manière constructive, concentrés et sans attentes excessives», a expliqué sur les réseaux sociaux le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov. Après quatre à cinq heures de discussions, le volet politique était terminé pour mardi, selon des sources convergentes. Rien ne filtrait dans l'immédiat des différentes parties.

Cassis présent quelques minutes

Lundi, le président américain Donald Trump a mis la pression sur Kiev pour un accord «rapide», plutôt que sur Moscou. Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriy Sybiga a accusé mardi la Russie de «mépriser les efforts de paix» en ayant lancé des centaines de drones et des dizaines de missiles, quelques heures avant les pourparlers.

Déjà présents lors des premières discussions à Abou Dhabi, les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff sont réunis avec la délégation ukrainienne de Roustem Oumerov et celle russe de Vladimir Medinski. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis était présent au début de la discussion, avant les négociations.

Parmi les Occidentaux, beaucoup doutent de la volonté russe de s'engager dans un vrai processus tant que la pression économique et militaire sur ce pays n'est pas suffisante. «Nous n'y sommes pas encore», affirme notamment le chancelier allemand Friedrich Merz. «Nous ne savons pas» si la Russie est sérieuse, a même admis samedi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Plusieurs conseillers à la sécurité nationale européens étaient dans l'hôtel mardi après-midi.

Manifestation

Pour la Suisse, la rencontre de Genève constitue un succès diplomatique. Ignazio Cassis, qui préside l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), «ne peut s'expliquer» que la Russie vienne à Genève autrement que par sa visite récente à Moscou. Depuis les sanctions suisses et le sommet du Bürgenstock (NW) en 2024, les Russes excluaient tout pourparler en Suisse.

Ignazio Cassis souhaite que l'organisation puisse acheminer des observateurs pour surveiller un cessez-le-feu dès que celui-ci entre en vigueur. Moscou se contente de railler l'institution, soulignant ses difficultés financières. Et les Occidentaux n'abordent eux pour le moment la question que sous l'approche des garanties de sécurité pour éviter que la Russie ne relance une offensive.

Mardi après-midi, des dizaines de manifestants ukrainiens ont protesté sur la Place des Nations contre la guerre menée par la Russie du président Vladimir Poutine. Le directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Pierre Krähenbühl est arrivé le même jour à Kiev pour une visite de cinq jours, alors que le pire hiver depuis le début de la guerre provoque d'importantes conséquences pour la population.

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