Refaire son passeport, monter sa start-up mais aussi inciter au retour en Ukraine: un centre pour réfugiés ukrainiens a été inauguré mardi à Berlin par des ministre allemand et ukrainien. La question de ces réfugiés, en particulier les jeunes hommes ayant fui la conscription militaire, est devenu un point de tension pour Berlin, principal bailleur de l'effort de guerre ukrainien et qui veut les voir retourner en Ukraine pour défendre leur pays.
Situé dans un immeuble cossu du centre de la capitale allemande, le «Unity Hub Berlin» est financé en partie par des fonds allemands, tandis que Kiev a la main sur la gestion des lieux, occupés par de nombreuses organisations ukrainiennes et internationales, dont le Haut Commissariat aux réfugiés. Les trois étages flambant neuf contrastent avec le site de l'ancien aéroport de Tegel, où jusqu'à 5000 réfugiés ukrainiens ont vécu simultanément dans des tentes ou conteneurs.
Accompagnement dans les démarches administratives, recherche de logement, scolarité des enfants, cours de langue, le centre doit permettre aux Ukrainiens exilés d'obtenir de l'aide «dans toutes les situations de vie». Il s'agit aussi de «discuter avec eux des perspectives d'un éventuel retour», a expliqué le ministre allemand de l'Intérieur Alexander Dobrindt lors de l'inauguration.
Quatre ans après l'invasion russe, environ 1,3 million d'Ukrainiens sont réfugiés en Allemagne, selon le ministère. Mais la coalition du conservateur Friedrich Merz a fait du durcissement de la politique migratoire un pilier de son mandat pour freiner l'essor d'une extrême droite prorusse et antimigrants.
Un retour «incontournable»
Le chancelier Merz, qui recevait mardi le président Volodymyr Zelensky, a dit vouloir «faciliter le retour dans leur patrie de citoyens ukrainiens». Demandant des «progrès rapides», il a jugé que le retour en Ukraine des hommes en âge de combattre était «incontournable pour assurer la capacité de défense, la cohésion sociale et la reconstruction en Ukraine».
En novembre, Berlin avait réduit les aides aux réfugiés ukrainiens arrivés récemment. Et le chancelier avait déjà demandé à Kiev de mettre un terme à l'afflux en Allemagne des 18-22 ans de sexe masculin, autorisés depuis août 2025 à quitter le pays, l'âge de la mobilisation militaire étant fixé à 25 ans pour préserver la plus jeune génération d'adultes.
Kiev ne veut pas revenir sur cette décision, de peur d'une vive réaction dans l'opinion intérieure. «Nos forces armées voudraient» que les jeunes Ukrainiens exilés «reviennent, bien sûr», a déclaré mardi M. Zelensky, mais il a différencié ceux partis en violation de la loi, et ceux, plus jeunes, qui «ont ce droit».