Des centaines d'étrangers, dont des Européens, figurent parmi les membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI) qui ont été transférés en Irak depuis la Syrie dans le cadre d'une opération américaine, a indiqué mercredi à l'AFP une source de sécurité irakienne. Un responsable irakien avait indiqué mardi que 4583 détenus étaient arrivés en Irak sur un objectif de 7000.
La décision de transfert avait été prise en janvier par les Etats-Unis, à la tête d'une coalition antijihadiste, pour éviter tout risque d'évasion après le retrait, sous la pression de l'armée syrienne, des forces kurdes des prisons où elles gardaient des jihadistes.
Parmi les 5.046 détenus déjà transférés, seuls 271 sont Irakiens, d'après une source de sécurité irakienne. La grande majorité, 3.245, sont Syriens, tandis que 900 viennent de pays d'Europe, d'Asie ou de l'Australie.
Les Allemands sont les détenus européens les plus nombreux (27), devant les Néerlandais (dix), les Britanniques (neuf) et les Français (trois), entre autres, a précisé la source de sécurité auprès de l'AFP. La justice irakienne a annoncé l'ouverture de procédures judiciaires à leur encontre.
Des rapatriements annulés
Les tribunaux du pays ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie. Cela a valu à Bagdad des critiques des défenseurs des droits humains, qui ont dénoncé des procès expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace.
Bagdad et Washington ont exhorté les pays d'origine de ces détenus à les rapatrier, se heurtant aux réticences de dizaines de gouvernements, notamment occidentaux. En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel. Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017.
En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard. Elles ont emprisonné des milliers de membres présumés du groupe, et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.