Tensions avec Washington
La situation s'améliore pour le Groenland mais «la crise n'est pas terminée»

Le ministre danois des Affaires étrangères estime que la tension avec les Etats-Unis sur le Groenland s’est apaisée. Il avertit toutefois que la crise n’est pas terminée, des discussions sont toujours en cours.
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Le Danemark et le Groenland affirment comprendre les inquiétudes de Donald Trump en matière de sécurité.
Photo: KEYSTONE/AP/Jose Luis Magana
AFP

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a estimé samedi que la situation s'est améliorée avec les Etats-Unis concernant les vélléités du président américain Donald Trump d'acquérir le Groenland, mais que la crise n'était «pas terminée».

«La crise n'est pas terminée et nous n'avons pas encore de solution», a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Nuuk, la capitale du territoire autonome danois, avant d'ajouter: «Nous sommes dans une bien meilleure position maintenant qu'il y a quelques semaines».

Le chef de la diplomatie danoise a assuré qu'il n'y a «aucune menace sur la table» et «aucune guerre commerciale avec l'Europe». Depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises son souhait de prendre le contrôle du Groenland, le justifiant par des questions de sécurité.

Il est revenu sur ses menaces le mois dernier après s'être entendu sur un «cadre» de négociation avec le chef de l'Otan Mark Rutte, devant offrir aux Etats-Unis une plus grande influence sur le territoire arctique.

Un groupe de travail a été mis sur pied

Un groupe de travail réunissant le Groenland, le Danemark et les Etats-Unis a été mis sur pied pour discuter des préoccupations américaines concernant cette zone arctique, sans que des détails de ces contacts soient rendus publics.

La ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Motzfeldt, s'exprimant au côté de M. Rasmussen, s'est félicitée que les parties soient désormais engagées dans un «dialogue direct».

«Mais nous n'en sommes pas encore arrivés là où nous voulons», a-t-elle ajouté, soulignant qu'il était «trop tôt» pour dire ce que donneraient ces discussions.

Une ligne rouge à ne pas dépasser

Le Danemark et le Groenland ont déclaré partager les préoccupations de Donald Trump sur les questions de sécurité, mais ont souligné que la souveraineté et l'intégrité territoriale étaient une «ligne rouge» dans les discussion.

Interrogé sur le respect de cette ligne rouge par les Etats-Unis dans les discussions en cours, M. Rasmussen a déclaré qu'il ne souhaitait «pas entrer dans les détails», mais a ajouté qu'il considérait que cette ligne rouge avait été signifiée de manière «claire» par le Groenland et le Danemark.

«Je considère donc (les discussions engagées) comme un signe clair qu'il doit y avoir un espace pour trouver une solution tout en respectant ces lignes rouges», a-t-il ajouté, soulignant que ces limites avaient été posées avant le début du dialogue avec Washington.


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