Genève veut investir 39,5 millions de francs pour des projets en France liés à la mobilité transfrontalière. Le Grand Conseil a voté jeudi un projet de loi qui prévoit cette subvention cantonale d'investissement. Soumis au référendum obligatoire, ce texte fera l'objet d'une votation le 27 septembre prochain.
Concrètement, le canton financera au maximum pour moitié des projets situés en France, soit un total de 39,5 millions de francs. Les entités françaises du Grand Genève se chargeront de l'autre moitié. A noter que certains aménagements pourront aussi obtenir une participation de la Confédération.
L'objectif est de renforcer les alternatives à la voiture individuelle afin de désengorger les routes du canton. Selon le Département de la santé et des mobilités (DSM), près de 313'000 véhicules passent la frontière chaque jour. Les projets prévus permettraient de réduire de près de 15'000 le nombre de véhicules quotidiens.
Parmi ces infrastructures transfrontalières figurent l'extension du tram à Ferney-Voltaire, la création d'une ligne de bus à haut niveau de service entre le CERN et Saint-Genis-Pouilly et la création de plusieurs P+R. La plupart de ces projets devraient être réalisés entre 2027 et 2029.
Subir ou agir
Tous les groupes, sauf le Mouvement citoyen genevois (MCG), ont insisté sur les effets bénéfiques importants et immédiats pour le canton de ces infrastructures qui seront construites en France. Les gains sont non seulement économiques, mais aussi en lien direct avec la qualité de vie des habitants de Genève, ont souligné de nombreux députés, tous bords confondus.
«Nous ne finançons pas la France, mais la réduction du trafic à Genève», a relevé Jean-Louis Fazio (LJS). Pour Pierre Maudet, chef du Département de la santé et des mobilités (DSM), il faut se poser la question suivante: «veut-on subir la circulation ou agir?»
Le MCG a dénoncé une «arnaque institutionnelle». Pour le député Thierry Cerutti, «sous couvert de coopération transfrontalière, ce projet de loi organise en réalité un transfert massif de fonds publics genevois vers des infrastructures étrangères, sans garanties suffisantes, sans maîtrise réelle et sans bénéfice direct clairement démontré pour la population genevoise».
En 2014 déjà
Au final, le projet de loi a été accepté par 81 voix contre 11 et une abstention. Ce vote fait suite à la signature en novembre dernier de plusieurs accords transfrontaliers, qualifiés alors d'historique en raison de ce système de cofinancement.
La clause de référendum obligatoire ayant été acceptée, le peuple votera. Un scrutin de 2014 est encore dans les mémoires. Le peuple avait alors dit non à plusieurs P+R en Haute-Savoie, mettant provisoirement fin à toutes velléités de cofinancement transfrontalier. Mais douze ans ont passé. Douze ans d'inaction, selon Pierre Maudet, qui ne craint pas de reposer la question au peuple.