Alarme à tous les étages
En surchauffe canicule, la France est déjà KO

Heureusement que le thermomètre devrait baisser ces prochains jours. Après une semaine de canicule, la France est assommée. Des hôpitaux aux administrations, la République, et les Français, sont est épuisés par le coup de chaud.
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Les scènes de canicule ont transformé Paris, avec afflux de visiteurs vers les points d'eau.
Photo: Anadolu via Getty Images
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Richard WerlyJournaliste Blick

La France est K.-O. Enfin, presque. Après une semaine de canicule durant laquelle le thermomètre a souvent dépassé les 40 degrés à Paris et dans certains départements du Centre et de l'Ouest, les signaux d'alarme retentissent partout.

Trains arrêtés sur les voies pour cause de dilatation des rails, services d'urgence des hôpitaux surchargés, 55 décès par noyade, nombreux festivals annulés, report de la Marche des fiertés prévue ce samedi 27 juin dans la capitale... Et déjà, de multiples demandes de déblocages budgétaires exceptionnels, pile au moment où la dette publique vient de dépasser son record de 3 560 milliards d'euros, avec une projection qui fait frémir: l'endettement de la France dépassera les 130 % du produit intérieur brut en 2031 (contre moins de 40% pour la Suisse).

Le révélateur caniculaire

La canicule, nouveau révélateur des maux français alors que plusieurs candidats à l'élection présidentielle de mai 2027 ont commencé leur marathon? Un débat enflamme déjà la campagne, à peine entamée: la généralisation, ou non, de la climatisation.

«La France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur et le débat politique continue de tourner en rond», déplore l'hebdomadaire Marianne. «Entre les partisans du tout-climatisation et ceux qui continuent d'en faire un symbole à combattre, des millions de Français cherchent surtout comment supporter des températures qui flirtent désormais régulièrement avec les 40 degrés (...) Face à cette nouvelle vague de chaleur, que proposent nos chers responsables politiques? Une énième guéguerre à deux balles, évidemment.»

Résultat immédiat de cette mobilisation pour la climatisation: le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a adressé une lettre aux quelque 35'000 maires de France, prônant sur le sujet «un débat de bon sens». «Je veux être très clair face à ceux qui, depuis quelques jours, se transforment en inspecteurs des travaux finis et expliquent que la puissance publique n'aurait rien fait pour adapter le pays au changement climatique. C'est faux», affirme le courrier. «Il est en revanche temps d'assumer un débat de bon sens sur la climatisation. Elle doit être utilisée là où elle protège réellement les personnes, avec des équipements efficaces, correctement dimensionnés et alimentés par notre électricité décarbonée.»

Incendie politique

Autre sujet qui menace d'incendier le paysage politique comme une forêt en temps de canicule: le souvenir de l'hécatombe de 2003. A l'époque, le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, avait attisé les colères en sous-estimant l'ampleur de la déferlante de chaleur et en incitant les Français à endurer l'explosion du thermomètre. Une indifférence ponctuée par 11 435 morts, du 1er au 15 août de cette année torride, soit une surmortalité de 55%.

Vingt-trois ans après, l'absence de chiffres inquiète. Selon Santé publique France, le recours aux soins d'urgence pour des pathologies en lien avec la canicule a pourtant augmenté très nettement depuis le 22 juin. «Au fur et à mesure de l'extension de la vague de chaleur, avec près de 70 départements en vigilance rouge (soit près de 45 millions de personnes concernées), les yeux sont rivés sur les premiers indicateurs de la situation sanitaire», juge «Le Monde». De quoi pousser l'actuelle ministre, Stéphanie Rist, à squatter les plateaux de télévision et de radio pour défendre les services de l'Etat.

Dépenses publiques

Comme souvent en France, où l'Etat et les agences publiques jouent un rôle déterminant dans la gestion des crises, la canicule est déjà synonyme de dépenses publiques accrues.

Le groupe énergétique EDF a déjà promis une enveloppe d'aides supplémentaires de 80 millions d'euros afin d'aider les établissements scolaires (écoles, collèges et lycées), les crèches et les centres de loisirs à s'équiper en systèmes de rafraîchissement. Plus de 130 millions d'euros ont, par ailleurs, été débloqués en urgence pour financer ces équipements. S'y ajouteront 600 millions d'euros pour la rénovation énergétique des hôpitaux, ainsi qu'une aide d'urgence de 100 millions d'euros.

La France est K.-O.? Pas tout à fait. Mais tout le monde, au sommet de l'Etat, espère une accalmie sur le front climatique. La cocotte-minute socio-économique française, de l'aveu général, ne supporterait pas une poussée forte et prolongée des températures.

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