Un climat de plus en plus tendu
L'Ethiopie somme l'Erythrée «d'immédiatement retirer ses troupes»

L'Ethiopie exige le retrait immédiat des troupes érythréennes, dénonçant des incursions sur son territoire. Addis-Abeba accuse Asmara de manoeuvres militaires avec des rebelles, sur fond de fortes tensions régionales.
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Le gouvernement Ethiopien demande «au gouvernement érythréen d'immédiatement retirer ses troupes de son territoire».
Photo: AP
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AFP Agence France-Presse

L'Ethiopie a sommé son voisin érythréen de «retirer immédiatement ses troupes» de son territoire, dénonçant des «incursions» de forces d'Asmara ainsi que des «manoeuvres militaires conjointes» avec des rebelles qui combattent le gouvernement fédéral, dans un climat de plus en plus tendu entre les deux pays de la Corne de l'Afrique.

«Les événements de ces derniers jours indiquent que le gouvernement érythréen a choisi la voie d'une escalade», a regretté le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos, dans une lettre datée de samedi à son homologue érythréen, avant de demander «officiellement au gouvernement érythréen de retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles». «Ces actes ne sont pas de simples provocations, mais des actes d'agression pure et simple», a dénoncé Addis Abeba. «Nous croyons qu'il est possible de briser ce cycle de violence et de méfiance par le dialogue et l'engagement diplomatique», a poursuivi Gedion Timotheos.

Interrogé par l'AFP, le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, n'a pour l'heure pas donné suite.

L'Erythrée et l'Ethiopie entretiennent historiquement des relations tendues et Addis-Abeba a accusé ces derniers mois son voisin de soutenir des rebelles sur son sol, ce qu'a démenti Asmara.

Une histoire tourmentée

Ancienne colonie italienne progressivement annexée par l'Ethiopie dans les années 1950, l'Erythrée a obtenu formellement son indépendance en 1993 après des décennies de lutte armée contre Addis Abeba. Une guerre a ensuite opposé les deux voisins entre 1998 et 2000, notamment autour de différends frontaliers, faisant des dizaines de milliers de morts, suivie de 18 ans de relations glaciales.

Les deux pays avaient normalisé leurs relations à l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018, un rapprochement qui avait valu à ce dernier le prix Nobel de la paix l'année suivante.

Dès le début de la guerre au Tigré en novembre 2020, les troupes érythréennes étaient venues soutenir l'armée fédérale éthiopienne face aux forces des autorités rebelles de la région.

Alors que les deux gouvernement se livrent depuis des mois à une escalade verbale, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accusé pour la première fois mardi l'armée érythréenne d'avoir commis des «massacres» durant le conflit dans la région éthiopienne du Tigré, des accusations qualifiées de «mensonges» par Asmara.

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