Manipulé par des espions russes
Un rapport secret décrit l'ex-prince Andrew comme «l’idiot utile» de Moscou

Un rapport secret américain affirme que le prince Andrew aurait été exploité par les services russes. Ceux-ci auraient joué la rancoeur contre son frère et des avantages financiers et sexuels.
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L'ex-prince Andrew a été la semaine dernière pour des soupçons de «faute dans l’exercice de fonctions officielles».
Photo: GC Images
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Solène MonneyJournaliste Blick

La descente aux enfers d’Andrew Mountbatten-Windsor semble sans fin. Selon le «Daily Mail», un rapport ultra-confidentiel d’une agence de renseignement américaine affirme que le frère cadet du roi Charles III aurait été manipulé par les services russes, qui le considéraient comme le maillon faible de la monarchie britannique. Objectif présumé: utiliser sa position pour étendre l’influence de Moscou.

Daté du 15 janvier, le document assure que des agents russes auraient exploité ses frustrations personnelles, notamment une jalousie ancienne envers son frère, ainsi que des motivations financières et sexuelles. Il n’aurait ni été formellement recruté ni contraint, mais décrit comme un «participant volontaire». Sa proximité avec Jeffrey Epstein aurait constitué une porte d’entrée vers l’establishment britannique. A ce stade toutefois, aucune enquête officielle britannique n’a confirmé ces accusations.

Ces révélations tombent alors que l’ex-prince Andrew a été arrêté la semaine dernière pour des soupçons de «faute dans l’exercice de fonctions officielles». Il a été relâché dans la soirée, dans l’attente des suites de l’enquête. Les faits visés concernent la période où il occupait le poste de représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce international (2001-2011). Il est soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles obtenues dans le cadre de ses fonctions.

Une haine contre Charles III

Le rapport va plus loin et évoque une rancœur profonde envers son frère aîné, jugé «faible». Andrew se serait estimé plus apte à régner. «AMW détestait l’attention et l’adulation dont Charles bénéficiait en tant que futur roi, estimant qu’il était le mieux placé pour ce rôle et, d’une manière générale, supérieur au prince de Galles de l’époque», peut-on lire.

Pour les services russes, sa proximité offrait une façade de légitimité pour mener des opérations de renseignement et de corruption au Royaume-Uni et à l’étranger. Le document affirme aussi que ses «penchants sexuels» auraient été utilisés pour établir une relation de confiance et l’exploiter.

Le biographe Andrew Lownie résume: «Les services cherchent la faille et l’exploitent. Dans le cas d’Andrew, il a été leur idiot utile.» Selon lui, la Chine aurait également cherché à l’approcher.

Des signaux ignorés

Andrew Lownie dénonce un manque de contrôle autour des activités du prince, malgré des alertes répétées. Il affirme que Charles était averti depuis longtemps des fréquentations «douteuses» de son frère.

Les soupçons se concentrent notamment sur ses nombreux voyages dans d’anciennes républiques soviétiques. «Poutine pourrait anéantir Andrew à tout moment avec des photos ou des récits compromettants», avance le biographe, sans apporter de preuve publique.

En 2007 déjà, la vente de sa propriété de Sunninghill Park à un oligarque kazakh pour un montant supérieur de plus de trois millions au prix demandé avait suscité des interrogations. «Ce n’est plus mon affaire une fois le prix payé», avait répondu Andrew à l’époque. Pour l’expert en blanchiment d’argent Tom Keatinge, l’opération présentait pourtant des «signaux d’alarme flagrants».

Epstein, pion du KGB?

Autre hypothèse explosive relayée par le Mail: Jeffrey Epstein aurait pu être, à l’origine, instrumentalisé par le KGB pour mener ce qui aurait été qualifié de «plus grande opération de piège sexuel au monde». En recrutant des femmes pour un réseau fréquenté par des personnalités influentes, il aurait constitué un vaste stock de «kompromat», du matériel compromettant destiné à exercer des pressions.

Aucune preuve documentaire ne relie toutefois directement Vladimir Poutine ou les services russes aux crimes d’Epstein. Des sources assurent néanmoins que si les agences américaines ont surveillé ses liens russes pendant des années, leurs homologues britanniques auraient fait preuve de retenue en raison de sa proximité avec Andrew Mountbatten-Windsor.

Si ces éléments venaient à être confirmés par une enquête officielle, l’affaire dépasserait largement le scandale personnel. Elle poserait une question bien plus sensible: celle de la sécurité nationale au sommet de l’Etat britannique.

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