Des expulsions et des grâces
Le programme choc promis par Trump dès son investiture

Le candidat républicain promet de bouleverser la politique américaine. De l'environnement aux droits des personnes transgenres, Trump annonce des changements drastiques qui pourraient redéfinir le paysage politique des États-Unis.
Photo: keystone-sda.ch
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Immigration, droits des personnes transgenres, environnement, commerce international, Ukraine... Donald Trump a promis, pour son retour à la Maison Blanche, des décisions radicales qui mettront immédiatement à l'épreuve sa marge de manoeuvre institutionnelle.

Tour d'horizon de promesses parfois vagues mais toujours spectaculaires.

«Dès que j'aurai prêté serment, je lancerai le plus grand programme d'expulsions de l'histoire américaine», a assuré le républicain pendant sa campagne. Le président élu veut aussi, dès le premier jour, mettre fin au droit du sol, qu'il juge «ridicule».

Selon les estimations, environ 11 millions de personnes résident clandestinement aux Etats-Unis. Pour passer à l'acte, Donald Trump veut déclarer l'état d'urgence national et faire appel aux militaires.

Le président des Etats-Unis peut prendre certaines décisions immédiatement par simple décret - les experts s'attendent à ce qu'il supprime une application utilisée par les demandeurs d'asile, ou un programme spécifiquement conçu pour les migrants en provenance d'Haïti, de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela.

Un pouvoir limité

Mais son pouvoir a des limites. Le droit du sol est par exemple garanti par la Constitution, et tout programme d'expulsions pourrait buter sur des recours en justice, ainsi que sur le refus de certains pays d'accueillir leurs ressortissants.

«Le 20 janvier, pour l'un de mes nombreux premiers décrets, je signerai tous les documents nécessaires pour imposer au Mexique et au Canada des droits de douane de 25% sur TOUS les produits entrant aux Etats-Unis», avait annoncé fin novembre Donald Trump.

Cette menace de guerre commerciale avec les pays voisins, liés par un accord de libre-échange, est-elle réaliste ou s'agit-il d'un coup de bluff avant de négocier, tout comme les provocations à répétition sur une annexion du Canada? Donald Trump justifie ce projet en évoquant l'entrée aux Etats-Unis de drogues et de migrants clandestins.

Autre pays dans le viseur, le grand rival chinois. Le président élu a menacé Pékin d'une hausse des taxes douanières de 10%, venant s'ajouter à celles, sur certains produits, déjà imposées lors de son premier mandat.

Grâcier ses partisans

Le 6 janvier 2021, une foule de partisans de Donald Trump a pris d'assaut le Capitole pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden. Plus de 1500 personnes ont été inculpées et 1270 condamnées, certaines attendant encore de connaître leur peine, selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.

Le président élu a répété récemment qu'il prendrait une mesure de grâce «majeure» pour ceux qu'il appelle des «otages», mais une certaine ambiguïté persiste sur le sort des personnes condamnées pour des violences sur des policiers.

«Mettre fin» aux guerres

Le président élu a dit que le Hamas vivrait un «enfer» si le mouvement islamiste palestinien ne libérait pas les otages détenus à Gaza, et a promis un soutien sans faille à Israël dans un conflit qui dure depuis quinze mois. Mais il n'a pas précisé ce qu'il entendait par là.

Donald Trump veut aussi mettre fin à la guerre en Ukraine, déclenchée en février 2022 par l'invasion russe, selon un calendrier qui fluctue. Après avoir parlé de faire cesser les hostilités en vingt-quatre heures, il a évoqué plus récemment un horizon de six mois.

Une menace environnementale

«Drill baby, drill»: le slogan a été répété à l'envi par Donald Trump, un climatosceptique qui veut doper l'extraction d'énergies fossiles dès le 20 janvier.

Il a par exemple assuré qu'il annulerait «immédiatement» une récente décision de Joe Biden consistant à interdire très largement l'exploitation «offshore» d'hydrocarbures, mais il n'est pas sûr qu'il puisse le faire sans passer par le Congrès.

Le président élu veut aussi supprimer dès son retour à la Maison Blanche une prétendue «obligation» d'acheter des véhicules électriques. Il n'existe aucune «obligation» de ce genre aux Etats-Unis mais le républicain pourrait orienter la régulation dans une direction moins favorables à la mobilité électrique.

Politique discriminatoire des genres

«D'un simple trait de plume, dès le premier jour, nous mettrons un terme au délire transgenre», a assuré le président élu, qui a promis d'"exclure les transgenres» de l'armée et des écoles. «La politique officielle des Etats-Unis sera qu'il n'y a que deux genres, homme et femme», a-t-il affirmé.

Donald Trump a aussi promis de supprimer tout financement fédéral des écoles ayant adopté la «théorie critique de la race». Ce concept, qui désigne au départ un courant de recherche, est utilisé de manière péjorative par les conservateurs pour dénoncer les enseignements de sensibilisation au racisme.

Articles les plus lus