Le fondateur de l'ONG de Sea Shepherd, Paul Watson, sera maintenu en détention jusqu'au 23 octobre prochain: c'est ce qu'a décidé un tribunal du Groenland ce mercredi. Il avait été arrêté fin juillet en raison d'une demande d'extradition du Japon. Une décision qui doit encore être rendue.
Pour rappel, l'Etat souhaite le juger pour une affaire où l'activiste aurait blessé des membres d'un navire, afin de sauver des baleines.
Le militant fait appel
«Malheureusement, ce n'est pas une surprise. La cour n'a pas changé de position», a dit à l'AFP Julie Stage, une avocate de Paul Watson, qui a fait appel de cette décision.
«Tout cela repose sur une fausse accusation portée par une entreprise criminelle, l'industrie japonaise de la chasse à la baleine», a dit Paul Watson à son entrée au tribunal.
Le Japon réclame son extradition
Paul Watson a été arrêté alors qu'il était en route avec son navire, le John Paul DeJoria, pour intercepter un nouveau navire-usine baleinier nippon. Le Japon réclame son extradition, ayant relancé une demande émise en 2012 via une notice rouge d'Interpol. Il l'accuse d'être co-responsable de dommages et blessures à bord d'un navire baleinier nippon deux ans plus tôt dans le cadre d'une campagne menée par Sea Shepherd.
Mi-septembre, les avocats du militant septuagénaire ont saisi le Rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l'environnement, dénonçant notamment le risque qu'il encourt de «subir (d)es traitements inhumains (...) dans les geôles japonaises». Selon eux, la demande japonaise repose sur des affirmations «fallacieuses», ce qu'ils voudraient démontrer en présentant au tribunal de Nuuk des extraits vidéos des événements, filmés par la chaine Discovery, une requête qui leur a à nouveau été refusée jusque-là.
En outre, ce délit n'est pas passible de prison dans le droit groenlandais, arguent-ils.
Des mauvaises conditions
Au-delà de la question du maintien en détention, les avocats sont suspendus à la décision du ministère danois de la Justice de décider d'extrader ou non Paul Watson. Le ministère a indiqué à l'AFP que l'examen de la demande officielle d'extradition était «en cours», sans donner de calendrier.
«Le processus est lent. La police groenlandaise fait son enquête qu'elle doit transmettre au procureur général qui doit faire ses recommandations au ministre», a expliqué Mme Stage avant l'audience. «On veut que le ministre danois prenne enfin une décision. En ce moment, ils le laissent croupir en prison, c'est franchement problématique», tempête la présidente de Sea Shepherd France Lamya Essemlali, une proche de Paul Watson.
D'après elle, les conditions de la détention provisoire du militant se sont récemment durcies. «Ils lui ont quasiment coupé tout contact avec l'extérieur. Il n'a plus droit qu'à 10 minutes de téléphone par semaine avec sa femme», dit-elle.