L'Ukraine frappe des infrastructures clés en Crimée et paralyse la péninsule
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Escalade en mer Noire:L'Ukraine frappe un pont ferroviaire menant à la Crimée

Un coup de massue en vue pour Poutine?
Cette mystérieuse troupe de résistance ukrainienne pourrait chasser les Russes de Crimée

La situation russe en Crimée s'aggrave depuis plusieurs jours. Outre les chasseurs de drones de Zelensky, ce sont surtout les agents du groupe mystérieux Atesh qui ravivent les espoirs ukrainiens sur la Crimée.
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Vladimir Poutine s'inquiète certainement du sort de ses troupes en Crimée occupée.
Photo: Getty Images
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Samuel Schumacher

La population ukrainienne rêve depuis douze ans de retourner sur les plages de Crimée. Aujourd’hui, l’impensable semble à nouveau possible. Depuis des semaines, l’armée ukrainienne transforme la péninsule de la mer Noire, occupée depuis 2014, en un piège mortel pour les occupants russes. Combien de temps les sbires de Vladimir Poutine tiendront-ils encore avant de plier bagage? Difficile à dire...

«La Crimée est bel et bien assiégée par l’Ukraine», rapporte l'historien militaire Torsten Heinrich. Ce n'est pas seulement les essaims de drones ukrainiens qui préoccupent le Kremlin, mais une organisation clandestine mystérieuse.

En effet, la situation sur la péninsule s’est aggravée rapidement: l’essence n’est plus réservée qu’à l’armée, et l’électricité est coupée plusieurs heures par jour. En plein été, avec des températures avoisinant les 30 degrés, les pompes à eau de dizaines de milliers de foyers peuvent également être affectées. Récemment, l’administration de la Crimée occupée a même dû annuler les traditionnels camps d’été destinés aux enfants russes (et aux enfants ukrainiens russifiés de force).

Une situation qui est dûe au travail minutieux entrepris par Kiev. En effet, ces dernières semaines, les troupes de Volodymyr Zelensky ont détruit d’importants axes routiers, incendié le port de Kertch et ciblé les véhicules de transport russes avec leurs drones. Résultat: désormais, les autorités russes ne laissent leurs camions emprunter les routes qu’avec une escorte composée de soldats armés, comme le montrent des vidéos. Les soldats affectés à la circulation routière font d’autant plus défaut ailleurs, créant de nouveaux points de vulnérabilité dans les lignes russes.

La ruse du sabotage aux œufs

Au lieu des effluves de barbecue épicé d’autrefois, ce sont désormais des nuages de fumée noire qui envahissent les plages de Crimée. Des navires brûlent, des dépôts d’essence sont en flammes, et la peur se répand.

A l'image de «Rybar», l’un des analystes militaires russes les plus importants. L'influenceur à plus de 1,5 million d’abonnés sur Telegram craint un débarquement imminent des forces spéciales ukrainiennes en Crimée. 

Pourtant, les forces spéciales pro-ukrainiennes sont arrivées en Crimée depuis longtemps déjà. L'organisation secrète Atesh (qui signifie «feu»), qui compte environ 2000 agents, a une mission simple: éliminer l'occupation russe.

Depuis septembre 2022, les combattants d’Atesh mènent la vie dure aux Russes en Crimée. Ils incendient leurs casernes, transmettent leurs coordonnées GPS à l’armée ukrainienne et forment des soldats aux actions de sabotage. Selon le groupe, même des Russes les auraient rejoints, au moins 4000 membres de l’armée russe ayant déjà suivi la formation en ligne. Et Atesh a une méthode insolite: verser des œufs crus dans les réservoirs de diesel des véhicules pour assurer une panne.

Ce week-end, Zelensky a remercié en personne le groupe pour le rôle déterminant qu'il joue en Crimée. En parallèle, Atesh intensifie son recrutement en diffusant de nouveaux flyers. Au-delà des simples appels à l'adhésion du type «Rejoignez-nous!», les codes QR imprimés sur certains flyers expliquent parfois comment fabriquer des cocktails Molotov. 

Nouveau signe de la mobilisation contre l’occupation russe, Atesh a appelé dimanche tous les civils présents en Crimée à quitter la péninsule le plus vite possible. «La situation ici ne s’améliorera que lorsque les Russes cesseront d’utiliser la péninsule comme tremplin pour attaquer les territoires ukrainiens libres.»

La reconquête de la Crimée est possible

Selon plusieurs observateurs, la quasi-totalité des dépôts de carburant de Crimée ont été détruits. Pour maintenir leur dispositif militaire dans la péninsule, les forces russes seraient ainsi contraintes d’acheminer leurs approvisionnements en carburant par voie terrestre ou maritime.

Cette dépendance accrue expose davantage les convois routiers et ferroviaires, devenus des cibles de choix. La semaine dernière, Atesh a d’ailleurs revendiqué une attaque contre un train-citerne près de Saint-Pétersbourg.

Certains experts considèrent que l’action combinée des forces ukrainiennes et des réseaux de résistance pourrait, à terme, mettre fin au contrôle russe sur la Crimée. Dans un entretien accordé au journal ukrainien «Ukrainska Pravda», Ben Hodges estime que l’Ukraine pourrait rendre la péninsule de plus en plus difficile à utiliser comme base militaire, au point de contraindre les forces russes à s’en retirer.

Tandis que la situation se complique pour les autorités d’occupation en Crimée, certains Ukrainiens voient réapparaître l’espoir d’un scénario qui semblait encore lointain il y a peu: celui d’un retour de la péninsule sous contrôle.

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