Recrutement forcé sur les réseaux
Onze combattants tués dans des affrontements entre dissidents des FARC étaient mineurs

Onze enfants soldats figurent parmi les 48 morts des récents combats entre dissidents des FARC dans le Guaviare, en Colombie. Le recrutement forcé de mineurs, souvent via les réseaux sociaux, reste un fléau dénoncé par les défenseurs des droits.
Au total, les combats ont fait 48 morts.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Onze enfants soldats ont été tués la semaine dernière dans des combats entre dissidents rivaux de l'ex-guérilla des FARC dans une région amazonienne de Colombie. L'autorité médico-légale l'a indiqué à l'AFP.

Ces affrontements entre la dissidence d'Ivan Mordisco, le criminel le plus recherché du pays, et celle d'alias Calarca, ont fait 48 morts dans le département du Guaviare, où se disputent les revenus de la production de cocaïne et de l'exploitation minière illégale.

Après avoir récupéré les corps, l'Institut de médecine légale a conclu que 11 des combattants décédés étaient mineurs. Cinq cadavres n'ont pu être identifiés.

«C'est terrible qu'on s'entretue entre personnes qui sont l'avenir de la Colombie», s'est désolé sur Blu Radio Ariel Cortés, directeur de l'Institut de médecine légale.

De nombreux mineurs sont enrôlés par les groupes armés en Colombie. Le bureau de la Défenseure du peuple en a recensé 386 en 2025. Ils sont le plus souvent recrutés via les réseaux sociaux dans des zones reculées du pays à faible présence étatique, selon des organisations humanitaires.

Nous «sacrifions des enfants»

Nous «sacrifions des enfants à qui nous refusons leur droit à un avenir meilleur», a déclaré mardi sur X Iris Marín, la Défenseure du peuple. Le président de gauche Gustavo Petro, qui achève son mandat le 7 août, a tenté en vain de négocier le désarmement des guérillas colombiennes.

Le candidat de l'ultra-droite qualifié pour le second tour de la présidentielle le 21 juin, promet de lutter frontalement et sans discernement contre les groupes armés. «L'Etat ne peut pas s'arrêter» face à l'utilisation d'enfants comme «boucliers». C'est un «sophisme de la gauche (...) l'Etat ne peut pas renoncer à son obligation constitutionnelle et légale d'exercer la force», a-t-il déclaré dans une interview. Son rival de gauche, Ivan Cepeda, propose de poursuivre le dialogue engagé.

Mercredi, M. Petro a par ailleurs annoncé une légère diminution de 1,5% de la superficie des champs de coca en Colombie, ingrédient principal de la cocaïne dont le pays est le premier producteur mondial. Selon M. Petro, 258'000 hectares ont été comptabilisés en 2025. En 2026, le chiffre continue a baissé sensiblement à 253'358 hectares au début de l'année, selon le président.

La surface demeure supérieure à celle enregistrée au début de son mandat en 2022 et a, selon M. Petro, augmenté de 16% en quatre ans.

Ces chiffres sont équivalents à ceux du dernier rapport en date de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime de 2023. Depuis, l'agence de l'ONU n'a plus publié ce rapport dont la méthodologie a été vivement critiquée par M. Petro.

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