Une ONG israélienne a dénoncé vendredi une «violence d'Etat» et une autre un «terrorisme juif», après une attaque de colons ayant blessé deux militants pacifistes israéliens dans le nord de la Cisjordanie occupée. Le président, Isaac Herzog, a condamné «fermement» sur X des «violences» qui «contrastent fortement avec les valeurs de l'Etat d'Israël».
«Ce grave incident s'ajoute à une série d'événements récents [...] inacceptables, qui nuisent avant tout à l'entreprise [de colonisation de la Cisjordanie] et à la réputation» d'Israël, a-t-il déclaré. L'attaque a eu lieu sur les terres du village palestinien de Qusra.
«Non, s'il vous plaît, non»
B'Tselem, organisation israélienne de défense des droits humains dans les Territoires palestiniens occupés, a diffusé une vidéo tournée par un des militants présents, montrant au moins quatre hommes masqués, armés de bâtons, sortir d'une jeep arrivant à vive allure.
On entend ensuite une voix crier en hébreu «non, s'il vous plaît, non», des bruits sourds et des cris de douleur. Les assaillants repartent. Deux personnes gisent au sol, dont une inanimée, face contre terre, une blessure saignante au niveau du crâne.
Victimes héliportées
Selon le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, les deux blessés, âgés d'une cinquantaine d'années, ont été évacués par hélicoptère vers un hôpital en Israël.
En dépit de la multiplication des condamnations internationales, dénonçant l'impunité dont bénéficient les colons violents, les attaques de ces radicaux, encouragés par les propos de certains ministres d'extrême droite, ne cessent d'augmenter depuis des mois, sur fond d'«annexion rampante» de la Cisjordanie, selon un récent constat onusien. L'armée israélienne, qui occupe ce territoire depuis 1967, a affirmé mener «des recherches pour appréhender les suspects».
Une «violence d'Etat»
Pour B'Tselem, «les attaques déchaînées menées par des colons dans l'ensemble de la Cisjordanie constituent une violence d'Etat». «Elles sont menées avec le plein appui, la participation et l'aide des autorités étatiques, dans le cadre de la stratégie du régime d'apartheid israélien qui cherche à accélérer et parachever la mainmise sur les terres palestiniennes», dénonce l'ONG.
«Le sang de nos amis [pacifistes] est sur les mains de ceux qui soutiennent et financent le terrorisme juif, soit directement, soit par le biais du gouvernement, soit en fermant les yeux», a réagi dans un communiqué Avi Dabbush, directeur de l'association Rabbins pour les droits de l'Homme. Il a appelé «la société israélienne à se ressaisir» pour «mettre un terme à ce terrorisme endémique».