La justice australienne a rejeté jeudi une demande de l'assaillant présumé de la plage de Bondi, à Sydney, qui souhaitait faire rétablir l'anonymat de son entourage visé par des menaces de mort. Naveed Akram et son père Sajid, depuis décédé, sont accusés d'avoir mené l'attentat antisémite, attaque la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies, en ouvrant le feu en décembre lors d'une célébration de la fête juive de Hanouka, faisant 15 morts.
L'accusé cherchait à faire interdire à la presse la diffusion des noms et photos de sa mère et de ses frère et soeur, mais aussi de l'adresse de son domicile familial de la banlieue de Sydney. En cause: des menaces de mort et un harcèlement répété dont ses proches disent avoir été victimes, après la diffusion sur internet d'une photo de son permis de conduire comportant son adresse, qui a mis le feu aux poudres.
Vivre dans la peur d'être abattu
L'avocat de l'accusé a aussi décrit des actes de vandalisme contre la famille, quand son frère a dit à la cour vivre dans la peur d'être abattu. Des médias australiens s'opposaient au rétablissement de cet anonymat, arguant que les informations en question avaient été largement diffusées en ligne avant même qu'ils ne les relaient.
Un tribunal de Sydney leur a donné raison, jugeant qu'une telle mesure serait inefficace puisqu'elle ne toucherait que la presse australienne, et non les «contenus volumineux de l'étranger» accessible à tous sur les réseaux sociaux. Sans minimiser la «conduite» de certaines personnes semblant vouloir faire justice elles-mêmes, le juge Hugh Donnelly a noté que les menaces contre la famille avaient désormais diminué.
De plus, la mère de l'assaillant présumé s'était elle-même présentée sous son vrai nom lors d'un entretien à la presse, a-t-il déclaré. Naveed Akram a assisté à l'audience par visioconférence depuis une prison de haute sécurité. Il est inculpé pour terrorisme, meurtres, tentatives de meurtre et usage d'explosifs. Son père a été tué par la police au cours de l'attaque.