Face à la réforme de Milei
Appel à la grève générale en Argentine

La principale centrale syndicale argentine appelle à une grève générale contre la réforme du travail de Javier Milei. Le mouvement coïncidera avec le débat à la Chambre des députés sur ce projet déjà adopté par le Sénat.
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Le 12 février, des manifestations avaient eu lieu à Buenos Aires, contre la même réforme de Javier Milei.
Photo: IMAGO/Anadolu Agency
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AFP Agence France-Presse

La principale centrale syndicale d'Argentine a décidé lundi de lancer un appel à la grève générale le jour où la Chambre des députés débattra de la réforme du travail du président Javier Milei, déjà entérinée par le Sénat, selon des sources syndicales.

D'ores et déjà, l'Union générale des associations de travailleurs des transports (UGATT) a annoncé que «le jour où la réforme du travail sera débattue (...), il n'y aura pas de transports», un mouvement qui affectera notamment les transports ferroviaires et aériens.

Le projet de loi contesté dit de «modernisation du travail» – de précarisation selon les syndicats – du dirigeant ultralibéral doit être débattu devant la Chambre des députés cette semaine ou la prochaine.

Cette réforme vise à rendre le marché plus flexible: elle facilite les licenciements, réduit les plafonds d'indemnités, limite le droit de grève en élargissant les services «essentiels», autorise le fractionnement des congés, entre autres changements jugés «régressifs» par la CGT, la principale centrale syndicale, qui a tenu une réunion d'urgence lundi.

La CGT a précisé que la grève générale – la quatrième depuis le début du mandat de javier Milei en décembre 2023 – se ferait sans mobilisation dans les rues. Elle «témoignera du mécontentement non seulement à l'égard de ce projet de loi mais aussi de l'orientation politique et économique actuelle du gouvernement argentin», a déclaré dimanche à Radio 10 le coprésident de la CGT Cristian Jerónimo.

L'appel à la grève sera officiellement lancé mercredi au cours d'une conférence de presse.

La politique d'austérité budgétaire et de dérèglementation de Javier Milei a déjà entraîné la perte de près de 300'000 emplois, entre privé et public, dans le secteur formel, selon le secrétariat du Travail. Le président veut aller plus loin dans sa politique de dérégulation avec sa réforme du travail, surfant sur un renforcement de son camp au Parlement après les législatives de mi-mandat en octobre.

Le gouvernement soutient que les changements voulus, couplés à une réduction de charges sociales pour l'employeur, vont inciter à régulariser une grande partie des plus de 40% d'emplois informels, un boulet de l'économie argentine, qui montre des signes durables de stagnation même si l'inflation a été contenue.

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