Appel lancé au DFAE
Terre des Hommes refuse de céder aux exigences d'Israël

Terre des hommes refuse de transmettre les données de ses employés palestiniens, comme exigé par Israël depuis décembre. L'ONG, active depuis plus de 50 ans en Palestine, appelle la Suisse et le DFAE à réagir pour protéger l'aide humanitaire.
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L'ONG soutient depuis plus de 50 ans les enfants et les familles les plus vulnérables dans la bande de Gaza.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Terre des hommes (TdH) est confrontée comme 36 autres ONG aux nouvelles exigences d'Israël de transmettre les coordonnées de ses collaborateurs palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour pouvoir continuer ses activités. Ne voulant pas mettre ses collègues en danger, l'oeuvre d'entraide a refusé d'obtempérer, mais entend maintenir sa présence auprès des enfants palestiniens. Elle exhorte le DFAE à agir.

Le 30 décembre, Israël a annoncé que l’enregistrement de 37 ONG internationales, dont TdH, expirerait le 31 avec un délai de soixante jours pour cesser leurs activités. Cela faute notamment d'avoir transmis les données personnelles de leurs collègues palestiniens, rappelle jeudi l'oeuvre d'entraide. Outre son cadre juridique, une telle transmission «suscite de sérieuses préoccupations quant aux risques encourus par les membres de nos équipes» de la part de la puissance occupante, souligne TdhH. En l'absence de «garanties suffisantes», l'ONG a décidé de ne pas obtempérer.

Depuis octobre 2023, début de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, plus de 500 travailleurs humanitaires ont été tués, relève-t-elle. «Des modalités alternatives fondées sur notre enregistrement auprès des autorités palestiniennes sont actuellement à l’étude afin de maintenir, autant que possible, notre présence humanitaire dans ces territoires», écrit TdH.

Présente depuis plus de 50 ans

L'ONG soutient depuis plus de 50 ans les enfants et les familles les plus vulnérables dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. En 2025, TdH et ses partenaires ont ainsi aidé plus de 60'000 enfants dans l'enclave palestinienne dévastée, à travers des activités de protection, de soutien psychosocial et d’éducation, et appuyé 24'000 ménages par des interventions en eau, assainissement et aide en espèces.

Actuellement, une famille sur quatre ne survit plus qu’avec un seul repas par jour, plus de 1,3 million de personnes ont un besoin urgent d’abris et des milliers d’enfants souffrent de malnutrition aiguë. «Dans ce contexte (...), empêcher des acteurs humanitaires expérimentés de travailler signifie priver des enfants de protection, de soutien et parfois de la possibilité de survivre.»

DFAE exhorté à agir

TdH appelle le Conseil fédéral, en particulier le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) d'Ignazio Cassis, à «réaffirmer clairement l’importance du respect du droit international humanitaire. Et à utiliser les canaux diplomatiques suisses pour le défendre.»

En tant qu’Etat dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse doit rappeler qu’une puissance occupante a l’obligation de faciliter l’acheminement de l’aide, de protéger les civils et de ne pas entraver l’action humanitaire, ni la conditionner à la transmission de données sensibles sur le personnel.

La Suisse doit également œuvrer au rétablissement de l’enregistrement des ONG neutres et impartiales, avec des garanties de non-représailles envers leurs collègues palestiniens.

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