Affaire Epstein
La pression monte contre le prince Andrew, sommé de témoigner aux Etats-Unis

Le prince Andrew est de nouveau dans la tourmente: des emails et photos compromettants liés au dossier Epstein, publiés par la justice américaine vendredi, le mettent en cause. Le Premier ministre britannique demande qu'il témoigne aux États-Unis.
Le prince Andrew est visé par de nouveaux documents Epstein.
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AFP Agence France-Presse

La publication de nouveaux emails et de photos compromettantes du dossier Epstein a encore fait monter la pression sur le prince déchu Andrew, que le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé à témoigner aux Etats-Unis sur les crimes du financier américain. Tombé en disgrâce pour son amitié avec le défunt Jeffrey Epstein, le frère de Charles III a de nouveau été mis en cause dans plusieurs des millions de documents diffusés vendredi par le ministère américain de la Justice.

Andrew, qui a lui-même été accusé d'agressions sexuelles et a toujours clamé son innocence, a été déchu en octobre de tous ses titres royaux et sommé de déménager de sa luxueuse demeure de Royal Lodge à Windsor. Ces nouvelles photos, qui le montrent à quatre pattes au-dessus d'une femme allongée, et des emails invitant Epstein pour parler en «privé» à Buckingham ont été abondamment relayées samedi par la presse britannique.

Sommé de témoigner

Au dernier jour de la visite de Starmer en Chine et au Japon, les journalistes ont demandé au Premier ministre si Andrew devait répondre à la demande d'élus démocrates du Congrès américain, qui l'exhortent à témoigner devant la commission d'enquête sur Epstein. «Oui, en ce qui concerne un témoignage, j'ai toujours toujours dit que toute personne disposant d'informations devait être prête à les partager», a-t-il répondu.

Le fils d'Elizabeth II n'a jamais donné suite à cette requête datant de novembre. Starmer avait estimé, à l'époque, que la décision de témoigner revenait à Andrew. Les autorités américaines ont caviardé le visage de la femme, allongée et habillée, au-dessus de laquelle il est à quatre pattes sur les photos.

Figurent aussi dans ces documents des emails des 10 et 12 août 2010, deux ans après la condamnation pénale d'Epstein pour recours à des prostituées mineures, dans lesquels il propose de présenter à «A» une femme russe d'une vingtaine années. «Une amie avec qui vous pourriez aimer dîner» sera à Londres du 20 au 24 août, dit-il au «Duc». Celui-ci répond qu'il sera à Genève le 22 août, mais qu'il serait «ravi de la voir», demandant à Epstein de lui transmettre son contact. Le financier ajoute qu'il s'agit d'une femme russe de 26 ans, «intelligente, belle, digne de confiance». Rien ne permet toutefois de confirmer que cette rencontre a eu lieu.

«En privé»

La publication en octobre des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, qui accuse Andrew Mountbatten-Windsor de l'avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises alors qu'elle était mineure, a soulevé une vague d'indignation au Royaume-Uni, où l'ex-prince n'avait plus aucun rôle public depuis 2019.

Sa chute a aussi été précipitée par des révélations dans la presse, qui a exhumé des échanges avec le financier américain après décembre 2010, date à laquelle Andrew avait assuré avoir mis fin à leur amitié. Son ex-femme, Sarah Ferguson, a elle aussi été épinglée pour ses liens avec Epstein. Dans un email publié vendredi, daté d'août 2009, elle dit au milliardaire qu'il est «le frère qu'elle a toujours rêvé d'avoir».

Ces nouveaux documents révèlent aussi qu'Andrew avait invité Epstein au palais de Buckingham en septembre 2010. L'assignation à résidence du financier, condamné à un an de prison, venait d'être levée en août. Epstein, en visite à Londres, contacte Andrew le 27 septembre, en lui disant: «Nous aurons besoin de passer du temps en privé». «Nous pourrions dîner à Buckingham Palace et avoir beaucoup de temps en privé», repond le prince. Deux jours plus tard, il ajoute: «Je suis ravi que vous veniez ici à BP (Buckingham Palace, NDLR)».

Selon d'autres emails, Epstein a transféré 10'000 livres (11'500 euros) en 2009 au compagnon de Peter Mandelson, figure du parti travailliste britannique qui a été démis de ses fonctions d'ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis l'an dernier pour ses liens avec Epstein. Cet homme, Reinaldo Avila da Silva, aurait reçu cette somme pour payer notamment des frais médicaux, à l'époque où Mandelson était ministre du Commerce. En 2022, une action en justice intentée par Virginia Giuffre contre Andrew s'est soldée par un accord à l'amiable de plusieurs millions de livres. Elle s'est suicidée en avril dernier en Australie.

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