La Cour suprême de Virginie a autorisé jeudi un Marine américain et son épouse à garder une orpheline afghane qu'ils avaient ramenée aux États-Unis, mettant un terme en principe à une âpre bataille juridique sur le sort de la fillette. En 2020, Joshua et Stephanie Mast avaient obtenu l'autorisation des autorités américaines d'adopter le bébé, grièvement blessé et découvert un an plus tôt par l'armée américaine sur un champ de bataille en Afghanistan, un pays qui ne reconnait pas l'adoption, en vertu de la loi islamique.
Deux ans plus tard, un couple afghan affirmant être apparenté à l'enfant a déposé une requête pour annuler l'adoption, estimant que le droit afghan leur en conférait la garde. Appelés à trancher, une majorité de juges (quatre sur sept) de la Cour suprême de Virginie ont invalidé les jugements qui annulaient l'adoption.
Situation d'urgence
Les juges ont argué qu'une loi de Virginie officialisait les ordonnances d'adoption six mois après leur entrée en vigueur. Ce texte empêche de contester une adoption, quelles que soient ses irrégularités, au delà de ce délai. L'arrêt précise que les parents biologiques de l'enfant, âgé de quelque mois au moment de sa découverte, sont morts au cours d'une «opération des forces spéciales américaines contre des terroristes d'Al-Qaïda».
Le bébé a d'abord été transporté dans un hôpital de campagne militaire à Kandahar (sud), puis sur la base aérienne de Bagram, près de Kaboul, pour recevoir des soins. Joshua Mast a notamment fait valoir que l'enfant «bénéficierait de soins médicaux aux États-Unis» et déposé une demande de garde. Selon le couple américain, l'adoption répondait à une situation d'urgence dès lors que l'enfant «n'avait aucun parent vivant connu».
Le couple afghan, dont l'homme affirme être l'oncle de la fillette, a poursuivi les Mast, soutenant qu'il devait en avoir la garde. Mais la Cour suprême de Virginie a soutenu qu'il avait refusé de fournir des preuves ADN et n'avait pas suffisamment démontré «qu'il détenait la garde légale» de la fillette au regard du droit afghan. Selon des médias, l'adoption de la petite allait également à l'encontre de la position du ministère américain des Affaires étrangères, pour qui, conformément au droit international, tout devait être fait pour tenter de réunir le bébé avec sa famille biologique.