La maturation des raisins attire bien souvent des visiteurs indésirables. Les animaux sauvages ne sont pas difficiles et dès que les jours raccourcissent, ils font le plein de provisions pour l’hiver. Les raisins mûrs tombent donc à pic, surtout lorsque les feuilles ont été retirées pour faciliter la récolte, rendant les fruits facilement accessibles.
Les quadrupèdes
Les animaux ne se contentent pas de grignoter quelques raisins, mais en engloutissent des quantités impressionnantes, de préférence la nuit, et ce, en un rien de temps. Les sangliers sont particulièrement redoutables. Lorsqu’une harde jette son dévolu sur une vigne, il n'en reste pas grand-chose.
Pour se protéger de ces incursions, les vignerons doivent installer de solides clôtures. Les chevreuils aussi adorent le raisin. Contrairement aux sangliers, ce sont des mangeurs raffinés qui ne cueillent que les raisins les plus mûrs de la grappe.
Les oiseaux
Les étourneaux, les merles et les grives sont attirés par les raisins colorés. En automne, tout ce qui brille de mille feux finit forcément dans leur bec. Autrefois, les vignerons engageaient un garde-chasse exprès pour la saison. Il patrouillait dans les vignobles et effrayait les oiseaux à l’aide de crécelles en bois et de pistolets à blanc. Par la suite, les vignerons ont introduit des répulsifs à gaz, qu'ils éteignaient la nuit.
Aujourd’hui, on utilise des filets de protection standardisés afin qu’aucun oiseau chanteur ne s’y empêtre. Ces filets doivent être retirés à la fin de l’automne.
Les insectes
Les guêpes aussi peuvent causer de sérieux dégâts. Pendant la récolte, elles représentent une véritable nuisance pour les vendangeurs. Les raisins endommagés par les guêpes sont sensibles à la pourriture grise (Botrytis). Les raisins infestés doivent donc être triés, ce qui fait grimper les coûts de récolte.
Pour ne rien arranger, depuis 2014, les vignerons du nord des Alpes luttent contre la mouche du vinaigre, qui raffole des cépages rouges. En cas d’infestation importante, il ne reste plus que la peau des raisins – un spectacle désolant.
Les bipèdes
Le vol à la tire n'est pas le seul problème. Chaque année, les vigenrons signalent des cas de vol de raisin à grande échelle, et il ne s’agit pas seulement de quelques kilos. Un seul passage de la moissonneuse dans la parcelle suffit pour faire disparaître plusieurs tonnes de raisin. La perte pour les vignerons est donc immense.
Huit à neuf mois de travail peuvent ainsi être réduits à néant. Le risque est particulièrement élevé les années de faibles rendements. Lorsque les voleurs de raisin récoltent à la main, ils rusent et ne cueillent qu’une vigne sur deux, afin que leur larcin se remarque moins.